Bilan d’utilisation d’une nouvelle immunoglobuline intraveineuse référencée dans un contexte de tensions d’approvisionnement - 07/12/25
, A. Puma 2, M. Cavalli 2, L. Villa 2, M. Spessotto 2, L. Valeri 1, M. Haouche 1, B. Bro 3, P.A. Fontaine 3, K. Muller 1, R. Collomp 1Résumé |
Introduction |
En 2024, pour pallier aux tensions d’approvisionnement en immunoglobulines humaines normales intraveineuses (IgIV) présentes à l’hôpital, une nouvelle spécialité a été référencée. Elle a été destinée spécifiquement à l’hôpital de jour de neurologie dans le traitement des polyradiculonévrites inflammatoires démyélinisantes chroniques et neuropathies motrices multifocales. Son instauration nommée IgN comme « nouvelle référence » se faisait à titre de deux patients par semaine soit dès la première cure, soit en relais chez des patients antérieurement traités par les immunoglobulines nommées IgA comme « ancienne référence ». Chaque délivrance de l’IgN a été accompagnée d’un tableau de perfusion précisant les modalités d’administration, différentes des IgA. Un bilan d’étape à 3 mois du référencement a été réalisé.
Observation |
Lors du bilan d’étape, 22 patients ont été traités par IgN. Douze d’entre eux ont arrêté leur traitement ; 3 pour mauvaise tolérance (fièvre, frissons, céphalées, courbatures, d’une durée de 36 heures, résolutifs spontanément ; lésions cutanées et démangeaisons postcures nécessitant un traitement antihistaminique ; éruption eczématiforme traitée par dermocorticoïde fort et déclarée au centre de pharmacovigilance) ; 4 correspondant au souhait du patient de repasser à l’ancienne référence (en notifiant l’absence d’amélioration, interrogation sur la raison du changement de la spécialité et sur l’efficacité des cures qui se terminent plus tôt à cause d’un débit de perfusion deux fois plus rapide pour chaque palier) ; 5 en raison de la progression de la maladie. Même après l’allongement de la durée de perfusion de l’IgN pour que le débit d’administration soit identique à celui de l’IgA, le retour d’utilisation d’IgN est jugé comme négatif avec la survenue d’effets indésirables plus fréquente. Les prescripteurs décident d’arrêter l’introduction de la nouvelle spécialité chez les patients. Après un nouveau staff reprécisant le respect des modalités d’administration (débit initial et paliers suivants) de chaque immunoglobuline disponible et l’importance de l’hydratation, une seconde phase de test a été proposée pour inclure de nouveaux patients sous IgN afin de suivre plus précisément et prospectivement les administrations et les effets secondaires éventuels.
Commentaires |
Les immunoglobulines restent des médicaments à risque malgré leur ancienneté d’utilisation et leur utilisation par des professionnels expérimentés. La vigilance doit être encore plus renforcée lors de la mise en place de nouvelle spécialité, notamment en période de switch contraint lors des pénuries.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Immunoglobuline, Perfusion, Tolérance aux médicaments
Plan
Vol 60 - N° 4
P. e84 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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