Quelle évolution du profil des salariés déclarés inaptes au poste de travail entre 2019 et 2022 ? - 14/12/25
What changes has been made to the profile of employees declared unfit for work between 2019 and 2022?
, Manon Couvreur b, Jean-François Gehanno c, d, e, Laetitia Rollin c, d, eRésumé |
Une première étude portant sur le profil des salariés inaptes avait été réalisée en 2019. Une nouvelle étude a été réalisée en 2022, après la crise sanitaire qui a eu un impact sur les conditions de travail.
Objectifs |
décrire le profil des salariés déclarés inaptes et le profil de ceux ayant bénéficié d’une dispense de reclassement à 3 ans, après la pandémie.
Méthode |
Population : salariés suivis en 2019 et 2022 par un service de prévention et de santé au travail inter-entreprises (SPSTI). Une comparaison a été faite portant sur les caractéristiques des salariés inaptes (âge, genre, secteurs d’activité [Code NAF], catégories socio-professionnelles [PCS], pathologies à l’origine de l’inaptitude [CIM10], statut de bénéficiaire de l’obligation d’emploi des travailleurs en situation de handicap [BOETH]). De nouvelles données ont également été identifiées : origine présumée de l’inaptitude et inaptitude d’origine poly-pathologique.
Résultats |
Entre 2019 et 2022, la prévalence des inaptitudes n’a pas évolué. Le nombre d’inaptitudes chez les femmes a significativement augmenté. Les pathologies psychiques (29,3 %) et ostéo-articulaires (48,7 %) restent les pathologies les plus fréquemment à l’origine d’inaptitude. Les inaptitudes avec dispense de reclassement ont significativement augmenté (+9,9 %). Le genre, le secteur d’activités et la PCS restent peu déterminants dans les situations d’inaptitude avec dispense de reclassement. Par ailleurs, 20 % des inaptitudes sont liées à une poly-pathologie. Enfin, l’origine professionnelle présumée de l’inaptitude est d’un cas sur deux.
Discussion |
Les facteurs de risque d’inaptitude sont identiques après la pandémie. La prévalence de l’inaptitude reste stable dans notre population. Pour autant, il existe une augmentation significative de la représentation des femmes et des situations de dispense de reclassement. De même, les situations d’inaptitude d’origine non professionnelle et de polypathologie sont significativement associées à un risque de dispense de reclassement.
Conclusions |
Les pathologies psychiques et ostéoarticulaires restent après la pandémie les premières causes d’inaptitude. Il apparaît important d’accentuer les démarches de prévention autour des conditions de travail des femmes qui ont un risque accentué d’inaptitude mais également autour de la santé au travail de façon générale, au regard de l’augmentation importante du nombre d’inaptitudes avec dispense de reclassement et donc de perte de capacités restantes, témoignant d’une dégradation de l’état de santé des travailleurs.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
The health crisis (2020–2021) has had an impact on organizations and working conditions. A first study on the profile of unfit employees was carried out in 2019. A second study was carried out in 2022.
Objectives |
Describe profile of workers declared unfit to their workplace and describe profile of those who had no remaining work capacity after the pandemic.
Methods |
Population : workers followed in 2019 and 2022 by an interenterprise occupational health service. A comparison was made relating to the characteristics of workers declared unfit in 2019 and 2022 to their workplace (age, gender, activity sector [Naf], socioprofessionnal category [PCS], pathology leading to professional impairment (CIM10), status of obligation to employ disabled workers (BOETH). New data have also been identified in 2022: presumed origin and polypathological origin of unfit.
Results |
Between 2019 and 2022, the prevalence of impairment has not changed. The number of impairment among women has increased significantly. Psychic (29.3%) and osteo articular (48.7%) remains the pathology most frequently causing impairment. The impairment without remaining work capacity (RWC) increased significantly (+9.9%). Gender, sector of activity and PCS remain little determinant in the risk of impairment without RWC. Furthermore, 20% of impairment are linked to a multiple pathology and the presumed professional origin of impairment is in one case out of two.
Discussion |
The prevalence of impairment remains stable in our population. The risk factors for impairment are identical after the pandemic. However, there is a significant increase in the representation of women and situation of impairment without RWC. Likewise, situations of impairment with non-professional origin and polypathology are significantly associated with impairment without RWC.
Conclusions |
Psychic and rheumatologic pathologies remain the first cause of professional impairment after the pandemic. It appears important to emphasize prevention measures around the working conditions of women who have an increased risk of impairment but also around occupational health given the significant increase in the number of impairment without RWC, reflecting a deterioration in the state of health of workers.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Inaptitude, Évaluation de la capacité de travail, Maintien dans l’emploi, Médecins du travail, Pathologie psychique
Keywords : Professional impairment, Work capacity evaluation, Return to work, Occupational health physicians, Psychic pathology
Plan
Vol 87 - N° 1
Article 102941- février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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