Physiologie de l'équilibre : des modèles génétiques aux conceptions cognitivistes - 17/12/25
Résumé |
Préserver son équilibre en conditions statiques (posture debout érigée) ou dynamiques (locomotion) résulte d'un processus complexe mettant en jeu divers systèmes sensoriels (vision, proprioception musculoarticulaire, vestibulaire, extéroception cutanée plantaire) et structures nerveuses centrales (systèmes extrapyramidal et pyramidal). La fonction d'équilibration peut s'étudier en distinguant, d'une part, la contribution respective des trois grands référentiels spatiaux (allocentrique, égocentrique et géocentrique) et, d'autre part, les processus centraux d'anticipation et les stratégies sensorimotrices variables selon le contexte environnemental et les sujets eux-mêmes. L'équilibration est une activité référencée et source de références régie par des boucles réflexes rapides, nourries d'informations sensorielles d'assistance aux programmes moteurs. Ces boucles réflexes jouent un rôle majeur lors du développement ontogénétique et, chez l'adulte, dans des situations perturbantes ou inattendues. Les modèles génétiques reposent sur une organisation anatomophysiologique de la posture et de l'équilibre essentiellement précâblée, à la base de la régulation de ces fonctions. Une certaine flexibilité des comportements reste cependant possible en raison du caractère redondant et vicariant des référentiels spatiaux. L'existence d'anticipations posturales, survenant avant le mouvement et prédisant les conséquences biomécaniques de ce mouvement, ainsi que des stratégies d'adaptation aux contraintes extérieures dont le caractère idiosyncratique semble la règle, démontrent les limites du modèle génétique. Seule une représentation interne de la tâche posturale et/ou d'équilibration, prenant en compte les propriétés et caractéristiques de l'environnement, permet ces anticipations et adaptations. C'est toute la force des modèles cognitivistes, qui mettent l'accent sur ces propriétés essentielles de la régulation de la fonction d'équilibre. Ne pas considérer les seuls aspects sensorimoteurs comme responsables des déficits posturolocomoteurs est une implication majeure dans la rééducation des troubles de l'équilibre. Prendre en compte la composante cognitive et la charge attentionnelle présentes dans toutes les activités quotidiennes d'équilibration (double tâche) est indispensable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Équilibre, Modèles génétiques, Modèles cognitivistes, Rééducation
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