Quelle place pour l’échographie gastrique en anesthésie ? - 27/01/26
Gastric ultrasound in anesthesia: Where do we stand?
, Éloïse Cercueil bCet article a été publié dans un numéro de la revue, cliquez ici pour y accéder
Résumé |
L’inhalation pulmonaire du contenu gastrique reste l’une des principales causes de morbi-mortalité en anesthésie. L’évaluation préopératoire du risque d’inhalation est souvent difficile en pratique clinique, pouvant conduire à des stratégies anesthésiques inadaptées favorisant la survenue de cette complication. L’identification des patients à risque reste donc un enjeu important en 2025. L’échographie gastrique, en permettant d’identifier le contenu gastrique préopératoire, aide le clinicien à déterminer le risque d’inhalation pulmonaire du contenu gastrique et à choisir la stratégie anesthésique la plus adaptée et de manière personnalisée. L’interprétation des données de l’échographie gastrique est désormais bien codifiée et repose principalement sur l’analyse qualitative des images de l’antre chez un patient installé en décubitus dorsal avec surélévation de la tête à 45°, éventuellement complétée d’un examen en décubitus latéral droit et de mesures de surface centrale pour l’estimation du volume du contenu gastrique. La réalisation d’une échographie gastrique est la plus rentable lorsque l’incertitude est maximale, c’est-à-dire, lorsque la probabilité prétest d’avoir un estomac plein est proche de 50 %. Ainsi, les indications les mieux documentées à ce jour comprennent le contexte d’urgence chirurgicale, quelle que soit la durée de jeûne préopératoire, la chirurgie programmée lorsque le jeûne préopératoire n’a pas été respecté ou est incertain, le patient diabétique, en particulier si le diabète est ancien, mal équilibré et associé à une neuropathie ou une rétinopathie, le patient traité par agoniste du récepteur GLP-1, et, en obstétrique, lorsque le jeûne est supérieur à 6 h.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Pulmonary aspiration of gastric contents remains one of the main causes of morbidity and mortality in anesthesia. Preoperative assessment of aspiration risk is often challenging in clinical practice and may lead to inappropriate anesthetic strategies that favor the occurrence of this complication. Identifying patients at risk therefore remains an important issue in 2025. Gastric ultrasound, by allowing visualization of the preoperative gastric contents, helps the clinician determine the risk of pulmonary aspiration and choose the most appropriate, individualized anesthetic strategy. Interpretation of gastric ultrasound data is now well standardized and relies primarily on qualitative analysis of antral images in a patient positioned supine with a 45° head-of-bed elevation, optionally complemented by right lateral decubitus imaging and measurements of the antral cross-sectional area to estimate gastric volume. Gastric ultrasound is most cost-effective when uncertainty is greatest — that is, when the pre-test probability of a full stomach is around 50 %. The best-documented indications to date include emergency surgery, regardless of preoperative fasting duration; elective surgery when fasting has not been respected or is uncertain; diabetic patients, particularly those with long-standing, poorly controlled diabetes associated with neuropathy or retinopathy; patients treated with GLP-1 receptor agonists; and, in obstetrics, when fasting exceeds six hours.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Échographie gastrique, Inhalation pulmonaire, Contenu gastrique, Urgence chirurgicale, Obstétrique, Diabète, Échographie clinique, Stratégie anesthésique personnalisée
Keywords : Gastric ultrasound, Pulmonary aspiration, Gastric contents, Emergency surgery, Obstetrics, Diabetes, Point-of-care ultrasound, Personalized anesthetic management
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