Allergies alimentaires de l'enfant - 20/02/26
Résumé |
L'allergie alimentaire est fréquente chez l'enfant, mais son incidence et sa prévalence restent imprécises. Elle s'inscrit dans le cadre de la « marche allergique » , pouvant être associée à l'eczéma, facteur de risque majeur de l'allergie à l'arachide, et mener à une sensibilisation aux pneumallergènes, avec ses manifestations respiratoires. Les manifestations cliniques sont, selon les cas, anaphylactiques, violentes, qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital, cutanées (eczéma), digestives, les plus fréquentes, très variées, parfois insidieuses, et non spécifiques (reflux gastro œ sophagien, diarrhée, constipation, etc.), et respiratoires, moins souvent (rhinite chronique, asthme). L'allergie alimentaire peut donner lieu à des « syndromes » , de mieux en mieux reconnus. Le syndrome d'entérocolite induit par les protéines alimentaires est fréquent chez le nourrisson (lait de vache), mais se voit aussi chez l'adulte (huîtres). L' œ sophagite à éosinophiles (EoE), observée à tout âge, plus chez l'enfant et l'adulte jeune, de sexe masculin, se diagnostique par endoscopie et biopsies œ sophagiennes multiples et étagées, et doit être systématiquement évoquée en cas d'impaction, de dysphagie ou de reflux gastro œ sophagien résistant aux inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Le syndrome d'allergie orale est lié à une sensibilisation croisée, volontiers au pollen de bouleau. Les explorations visant à établir la responsabilité d'un ou de plusieurs allergènes alimentaires doivent être rigoureuses tout en évitant de multiplier des tests parfois pénibles pour les enfants et leurs parents, et souvent coûteux. Les tests réalisés sur la peau, tests cutanés ( prick-tests ou skin prick-tests ) et patch tests (ou atopy patch tests ), n'explorent pas les mêmes types d'allergie et ne suffisent pas à porter le diagnostic d'allergie alimentaire. Les immunoglobulines E spécifiques ont une certaine valeur quantitative et peuvent permettent de suivre l'évolution d'une allergie alimentaire si les allergènes responsables ont été identifiés. Le diagnostic de certitude est porté par les tests de provocation par voie orale. Le régime d'exclusion est le seul traitement de fond. Les conseils diététiques doivent prendre en compte le goût de l'enfant, éviter qu'un allergène caché ne modifie la réponse clinique et respecter l'équilibre nutritionnel. La tolérance et l'efficacité du régime doivent être évaluées après quelques semaines de prise en charge, puis régulièrement. Le traitement de l'allergie aux protéines du lait de vache est l'exclusion et, chez le nourrisson, la prescription en première intention d'une préparation infantile de type hydrolysat extensif de protéines, de lait de vache ou de riz, et, parfois, d'une préparation à base d'acides aminés. Les préparations hypoallergéniques ne sont pas adaptées au traitement. Les préparations à base d'hydrolysat de protéines de riz sont de plus en plus utilisées. Les préparations à base d'acides aminés sont réservées à des allergies aux protéines du lait de vache qui ne répondent pas favorablement à un ou plusieurs hydrolysats et/ou aux polyallergies alimentaires qui leur sont souvent associées. Le traitement de l'EoE est fondé sur le traitement antiacide de première intention (IPP) puis, selon le cas, sur l'éviction des allergènes alimentaires incriminés et/ou les corticoïdes non stéroïdiens topiques. L'évolution naturelle de l'allergie alimentaire se fait souvent vers une acquisition de la tolérance, dans un délai variable suivant les allergènes en cause. L'allergie à l'arachide, aux fruits à coques, au poisson et aux crustacés tend à persister toute la vie.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Allergie alimentaire, Lait de vache, œuf, arachide, huître, Polyallergie alimentaire, Syndrome d'entérocolite induite par les protéines alimentaires, Œsophagite à éosinophiles, Syndrome d'allergie orale, Cuisson des aliments, Tolérance, Immunothérapie
Plan
| Pour citation, ne pas utiliser la référence ci-dessus de cet article, mais la référence de la version originale publiée dans EMC - Traité de Médecine Akos 2026;29(1):1-14 [Article 8-0319]. |
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