Résultats de l’étude chasse-marée : une étude sur la chimik à Mayotte - 21/02/26
, Victoire COTTEREAU 2, 3, Alexandre PEYRE 4, Loïc FABIEN 4, 5, Éric PLEIGNET 6, Camile RICHEVAL 7, 8, Alexandr GIS 7, 8, Amélie DAVELUY 4, Jean-Michel GAULIER 7, 8Résumé |
La « chimique » est le terme mahorais pour les cannabinoïdes de synthèse qui sont la substance illicite la plus addictive ayant cours sur l’île. Le programme CHASSE-MAREE vise à investiguer sa composition dans la perspective de pouvoir suivre sa consommation par les traceurs chimiques dans les eaux usées, en identifier les métabolites, et mieux connaître les consommateurs grâce à des questionnaires.
L’obtention des échantillons a suivi le protocole SINTES augmenté pour s’adapter à la situation locale par 8 campagnes d’une semaine chacune (septembre 2022-septembre 2023) séparées de trois semaines. Elles ont permis de collecter 188 échantillons de cannabinoïdes de synthèse. Ces cigarettes ou ces poudres étaient données par les consommateurs en accompagnement d’une discussion avec des travailleurs sociaux.
13 molécules de cannabinoïdes de synthèse ont été identifiées, dont 6 pour la première fois en France ou en Europe. Le profil chimique et géographique pouvait drastiquement changer d’un mois à l’autre. Les métabolites hépatiques ont été identifiés et les plus pertinents évalués pour l’épidémiologie des eaux usées.
50 % des consommateurs de chimique fument quotidiennement et 25 % régulièrement. Ils ont commencé, pour l’essentiel, entre 2012 et 2018, une période où la « chimique » émergeait à Mayotte, et ont appris sur le tas à en réduire les risques. Excepté un très fort taux de chômage (67 % contre 37 % pour Mayotte) et une fécondité moindre (1,7 enfants au lieu de 4,5), le profil social des consommateurs (nationalité, niveau d’études, qualité du domicile, etc.) est proche des résidents à Mayotte qui ne consomment pas. Le soutien des consommateurs par leurs proches semble les prémunir un tant soit peu de l’indigence. Leur connaissance de la « chimique » (composition, origine) est faible.
Le programme a donc permis de connaître à la fois la composition précise de la « chimique » et son évolution très rapide, la diversité géographique des formulations à Mayotte et le profil social des consommateurs puisque le suivi hospitalier et judiciaire est vestigial. Le recours à l’épidémiologie des eaux usées, du fait de la profusion des molécules peu concentrées et leur métabolisme non convergent, va exiger une nette amélioration des performances analytiques. In fine, l’accompagnement médico-social des consommateurs à Mayotte apparaît donc essentiel à la fois pour le soin des consommateurs et pour fournir une meilleure connaissance de cette population via la veille sanitaire pour guider les politiques de santé publique.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S1-S2 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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