Une consultation prénatale dédiée aux futurs pères, pour leur propre santé - 21/02/26
Résumé |
Introduction |
Les hommes hétérosexuels séropositifs sont diagnostiqués plus tardivement que les femmes, notamment parce que le dépistage prénatal du VIH est très efficace. Plus largement, le système de santé sollicite de façon asymétrique les hommes et les femmes. Il participe à une division sexuée du travail parental, dans lesquelles les femmes sont responsables de la santé des enfants. Cette responsabilité alourdit leur charge mentale mais leur donne, au même titre que la gynécologie de prévention et le suivi de grossesse, des occasions de rencontrer des soignantes sans être malade. Nous avons mis en œuvre une consultation prénatale dédiée aux futurs pères, pour leur propre santé. Nous avons évalué l’acceptabilité et les effets de cette consultation.
Méthodologie |
En 2021 et 2022, nous avons proposé à toutes les femmes suivies pour une grossesse évolutive à la maternité de Montreuil (Seine-Saint Denis), déclarant un partenaire masculin vivant en Ile de France impliqué dans leur grossesse, de participer à une recherche interventionnelle, le projet PARTAGE. Elles répondaient à un questionnaire sur leurs caractéristiques sociodémographiques, celles de leur conjoint, et donnaient si elles y consentaient ses coordonnées pour qu’une consultation lui soit proposée. Les hommes éligibles étaient contactés et une consultation leur était proposée, comprenant un dépistage du VIH, un rattrapage vaccinal, l’ouverture de droits à l’assurance maladie et le référencement à des professionnelles de santé, en fonction de leurs besoins.
Résultats |
L’intervention PARTAGE a été acceptée par 80 % des femmes éligibles et 53 % des hommes éligibles avec lesquels un contact a été établi. Les immigrés précaires s’en sont davantage saisis que les autres futurs pères. La consultation a permis de rattraper un large retard de dépistage VIH et un large retard vaccinal ; une pathologie a été diagnostiquée ou remise en soin pour 18 % des participants, 17 % ont été référés à une professionnelle de santé, 11 % à un accompagnement social. A nouveau, un surcroit d’effets a été observé chez les immigrés précaires, en particuliers ceux sans couverture maladie. Aucune infection VIH n’a été diagnostiquée mais 54 hépatites B chroniques ont été découvertes ou remises en soin.
Discussion/Conclusion |
La généralisation d’une consultation prénatale paternelle, théoriquement prévue par l’Assurance Maladie mais non réalisée en pratique, pourrait contribuer à réduire les inégalités de genre et les inégalités sociales en santé.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S10-S11 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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