La campagne « 1, 2, 3 bass » : interroger le rôle de l’État dans la régulation des corps reproductifs à Mayotte - 21/02/26
Résumé |
Cette communication interroge l’histoire du gouvernement des corps reproductifs à Mayotte, territoire insulaire de l’océan Indien. À la suite de l’indépendance de l’Union des Comores en 1975 et du maintien de Mayotte dans le giron français, la croissance démographique de l’île est rapidement devenue un enjeu prioritaire des politiques publiques, donnant lieu à des campagnes d’espacement puis de limitation des naissances. Parmi celles-ci, la campagne « 1, 2, 3 bass » – du shimaoré « 1, 2, 3 ça suffit » – a fait l’objet d’un mémoire de recherche en sciences sociales, qui est l’objet de cette communication.
L’analyse s’appuie sur une enquête de terrain menée à Mayotte entre août et octobre 2022, réalisée dans le cadre d’un stage au sein de l’Agence Régionale de Santé de l’île. Cette étude mobilise des matériaux d’archives collectés auprès des archives départementales de l’île, des archives audio-visuelles de l’ancienne chaîne de télévision publique RFO-Mayotte et des archives privées conservées par des particuliers ; ainsi que des entretiens réalisés auprès d’acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette campagne sur le terrain.
Déployée entre 1996 et 1998, la campagne « 1, 2, 3 bass » visait à promouvoir un modèle de famille restreinte, dans une version limitée à trois enfants. Son application à Mayotte révèle une gestion démographique différenciée par rapport aux politiques natalistes déployées sur l’hexagone à la même période. Cette recherche montre que cette campagne s’est appuyée sur un « marketing procréatif » intrusif: supports visuels, messages normatifs ciblant les jeunes et les femmes, mobilisation des professionnels de santé.
Cette recherche questionne les effets contemporains de cette politique sur les comportements procréatifs ainsi que les représentations autour de la natalité sur le territoire mahorais. Ce travail défend l’idée que la campagne « 1, 2, 3 bass » a contribué à produire de nouvelles frontières de l’altérité, en opposant implicitement des pratiques reproductives jugées « modernes » et ainsi valorisées, quand d’autres ne l’étaient pas. En ce sens, ce dispositif a contribué à la construction de la croissance démographique comme un « problème public » sur l’île.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S12 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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