Paludisme aux Comores : leçons du traitement de masse et situation en 2025 - 21/02/26
Résumé |
Introduction |
L’Union des Comores a connu une évolution remarquable de la lutte contre le paludisme depuis les années 2010. Après des décennies d’endémie élevée, le pays a mis en œuvre une stratégie ambitieuse de traitement de masse (MDA) à base d’artémisinine, combinée à des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées et au renforcement de la surveillance épidémiologique. L’objectif de cette étude est de décrire les résultats obtenus entre 2010 et 2025 et d’identifier les leçons à tirer pour la durabilité des acquis.
Méthodologie |
Une analyse rétrospective des données de surveillance épidémiologique et des rapports de programmes nationaux a été conduite sur la période 2010–2025. Les tendances d’incidence, la distribution spatiale des cas autochtones et importés, ainsi que les principales mesures de lutte ont été examinées, en mettant l’accent sur les îles de Mohéli (Mwali), Anjouan (Ndzuwani) et Grande Comore (Ngazidja).
Résultats |
Le nombre de cas de paludisme est passé de 103 670 en 2010 à 1657 en 2016 puis avec un nouveau rebond en 2024 avec 55 277 cas, puis 25 609 en 2025. Le nombre de décès est passé de 53 en 2010 à 2 en 2025. L’incidence du paludisme est passée de 89,9 ‰ en 2012 à 2,1 ‰ en 2016, marquant une réduction spectaculaire des cas autochtones, particulièrement à Mohéli et Anjouan où la transmission locale a pratiquement disparu. En 2024, l’incidence était de 124‰ à Ngazidja, 6‰ à Mwali, 1‰ à Ndzuwani soit une moyenne de 62‰ au niveau national. Cette réussite a reposé sur un fort engagement communautaire, une couverture élevée du traitement de masse et la détection rapide des cas importés. Cependant, une recrudescence a été observée à Ngazidja dès 2017, liée à la réintroduction du parasite et à la résistance émergente aux antipaludiques et insecticides. Il est probable qu’une moindre adhérence de la population de Ngazidja au traitement de masse soit l’une des explications plausibles de la moindre réduction de l’incidence.
Discussion/Conclusion |
L’expérience comorienne illustre qu’un traitement de masse bien coordonné peut conduire à une quasi-élimination du paludisme, mais souligne aussi la fragilité des acquis en l’absence d’une stratégie intégrée durable. La consolidation des résultats exige un financement pérenne, une surveillance renforcée, l’éducation communautaire et la diversification des approches de lutte. Le modèle comorien constitue un exemple instructif pour d’autres pays insulaires en phase d’élimination.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S14 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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