La cysticercose à Madagascar - 21/02/26
Résumé |
Introduction |
La cysticercose, due à Tænia solium , demeure un problème majeur de santé publique dans plusieurs régions de Madagascar. L’infection touche aussi bien l’homme (neurocysticercose, formes sous-cutanées) que le porc, avec des répercussions médicales, vétérinaires et socio-économiques. L’objectif de nos travaux était d’évaluer la performance diagnostique d’outils sérologiques et moléculaires et de mettre à jour l’épidémiologie de la cysticercose humaine et porcine à Madagascar.
Méthodologie |
Nous avons conduit plusieurs études transversales et analytiques :
• Évaluation clinique et analytique de tests sérologiques (ELISA, EITB, Ag-ELISA B158/B60) sur des sérums provenant de cas confirmés de neurocysticercose, de patients atteints d’autres parasitoses et de témoins sains ;
• Développement et utilisation de la PCR appliquée à des prélèvements sous-cutanés ;
• Enquêtes épidémiologiques multicentriques menées entre 2007 et 2008, incluant plus de 2 000 participants humains (Antananarivo et différentes zones biogéographiques) ainsi que des élevages porcins dans plusieurs districts.
Résultats |
• La sensibilité clinique de certains tests ELISA commercialisés s’est révélée insuffisante en cas de lésion cérébrale unique (parfois < 40 %), avec des réactions croisées observées lors d’autres parasitoses ;
• L’Ag-ELISA a montré de bonnes performances pour identifier la neurocysticercose active en cas de kyste unique associé à l’épilepsie (sensibilité > 75 %) ;
• L’histopathologie et la PCR ont permis de confirmer plusieurs cas de cysticercose sous-cutanée ;
• L’enquête transversale menée chez des écoliers de sept villes de province a montré une séroprévalence antigénique comprise entre 10 et 37 % et une séroprévalence anticorps entre 6 et 16 % ;
• L’analyse multivariée a mis en évidence un effet marqué du biotope, avec une prévalence plus élevée dans les Hauts Plateaux, les zones tropicales et désertiques, comparées aux régions équatoriales ;
• Dans la capitale, certains quartiers (Fokontany) étaient plus touchés, avec une prévalence antigénique moyenne de 24,76 % [8,57–48,15] et une séroprévalence de 14,94 % [3,03–48,00].
Discussion/Conclusion |
Nos données confirment que la cysticercose reste endémique à Madagascar, avec des variations régionales importantes. Les outils sérologiques et moléculaires sont complémentaires mais doivent être interprétés en tenant compte de leurs limites analytiques (réactions croisées, sensibilité imparfaite). L’intégration d’outils fiables et adaptés au contexte local est indispensable pour améliorer le diagnostic, guider la prise en charge clinique et soutenir la surveillance épidémiologique.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S15 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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