Surveillance des maladies hydriques à Mayotte - 21/02/26
Résumé |
À Mayotte, plus d’un tiers des logements sont en tôle et 29 % n’ont pas d’eau au domicile. À ces difficultés structurelles s’ajoutent des contraintes contextuelles comme le déficit pluviométrique entraînant d’importantes restrictions d’eau en 2023 ou encore les conséquences du cyclone Chido en décembre 2024, qui a endommagé les infrastructures et limité l’accès à une eau de qualité pendant plusieurs semaines. Ce contexte favorise la persistance et la recrudescence des maladies à transmission hydrique (virus, bactéries, parasites) ainsi que des maladies oro-fécales dont la propagation est directement liée à un manque d’hygiène de base.
La surveillance repose sur un dispositif multisource: la surveillance biologique, à partir des données du laboratoire de biologie médicale du CHM, permet de suivre un large éventail de pathogènes grâce à des analyses multiplexes; la surveillance syndromique, assurée par des réseaux de médecins, pharmaciens et infirmiers scolaires, permet de quantifier et caractériser les épidémies saisonnières de gastro-entérites aiguës (GEA).
Impact de la précarité structurelle : Les quartiers informels, avec un accès restreint à l’eau du réseau et à l’assainissement, concentrent la majorité des cas de maladies endémiques et la quasi-totalité des cas de choléra survenus en 2024. L’incidence de la fièvre typhoïde y reste 70 fois supérieure à celle observée en métropole.
Impact des coupures d’eau du réseau (2023) : Les restrictions prolongées ont entraîné une hausse du taux de positivité pour la giardiase, suggérant une augmentation de la consommation d’eaux brutes. Les épidémies de GEA à rotavirus ont également été amplifiées, avec un pic marqué en 2023, traduisant une dégradation des conditions d’hygiène. Une hausse similaire a été observée pour les shigelloses.
Impact du cyclone Chido (2024) : Les perturbations d’accès à l’eau consécutives au cyclone ont entraîné une recrudescence de la quasi-totalité des pathogènes suivis, notamment une flambée atypique de fièvre typhoïde tant par son intensité que par sa saisonnalité, ainsi qu’une augmentation des giardases et shigelloses détectées. Une reprise d’épidémie de GEA à rotavirus a également été observée.
Les maladies hydriques endémiques persistent à Mayotte, favorisées par le manque d’assainissement et l’accès restreint à l’eau potable. Les coupures d’eau aggravent les épidémies saisonnières en limitant l’hygiène et en augmentant le recours aux eaux brutes. Le risque d’endémisation de maladies réémergentes, comme le choléra demeure. La prévention repose sur un triptyque essentiel: accès à l’eau potable, assainissement, hygiène des mains.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S19 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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