Épidémie 2025 de chikungunya à Mayotte - 21/02/26
Résumé |
Le chikungunya est une maladie virale transmise par le moustique Aedes, présent sur l’ensemble du département de Mayotte. Deux épidémies avaient déjà été observées en 2005 et 2006. En 2019, la séroprévalence était estimée à 34,7 % chez les 15 ans et plus, soit environ 20 % de la population totale, les enfants de moins de 15 ans n’ayant jamais été exposés.
La surveillance repose sur un dispositif multi-source combinant des indicateurs syndromiques et virologiques: réseau de médecins sentinelles, passages aux urgences, réseau des infirmeries scolaires et rectorat, permettant de comptabiliser les consultations hebdomadaires pour syndromes dengue-like. Les confirmations biologiques sont réalisées au laboratoire du CHM ou au laboratoire privé Mayobio. Une surveillance hospitalière complète le dispositif pour identifier les formes nécessitant une hospitalisation.
Le premier cas importé a été signalé le 4 mars 2025 depuis La Réunion, où une épidémie était en cours. Le premier cas autochtone a été détecté le 25 mars. Le pic épidémique est survenu entre les semaines 19 et 25 selon les zones et les sources de données. Entre les semaines 10 et 38, 1 215 cas ont été confirmés biologiquement, touchant l’ensemble des communes, avec des intensités variables. Quarante hospitalisations ont été recensées, majoritairement des femmes enceintes (n = 19) et des nouveau-nés (n = 16) hospitalisés pour surveillance, sans critère de gravité. Le pic des hospitalisations a été observé en semaine 22. Deux cas graves ont nécessité une prise en charge en réanimation néonatale, sans décès rapporté.
Les données de surveillance sont probablement sous-estimées. Le système syndromique hors urgences demeure peu efficient, les médecins se désengageant du réseau sentinelle, et le codage des motifs de consultation restant incomplet. Le réseau des infirmeries scolaires est performant mais limité par les périodes de vacances. La surveillance virologique a été fragilisée par l’arrêt des confirmations biologiques aux urgences du CHM et à Petite-Terre pour éviter la surcharge du laboratoire. Les tests en ville ont été peu prescrits, la confirmation biologique n’ayant pas d’impact thérapeutique. De plus, une part importante de la population, en situation de grande précarité, accède difficilement aux soins.
Néanmoins, la surveillance actuelle permet de suivre la dynamique, la sévérité et la persistance du virus. Dans un contexte de saison des pluies favorable aux gîtes larvaires, et d’immunité encore faible, une épidémie plus intense est à craindre dans les mois à venir, selon une dynamique similaire à celle de 2005-2006.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S19 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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