Campagne vaccinale et acceptabilité vaccinale chikungunya à la Réunion 2025 - 21/02/26
, Dimitri KORNBLUM 1, 2, Sophien HORRI 3, Zahir LIANG-KO-YAO 3, Émilie MOSNIER 1, 4Résumé |
Introduction |
En 2025, La Réunion est confrontée à une épidémie de chikungunya avec un pic en avril. La vaccination est alors envisagée comme un outil clé de prévention. Cependant, l’acceptabilité du vaccin IXCHIQ (Valneva) est incertaine. L’étude Vaxcceptachik, vise à évaluer l’intention vaccinale de la population réunionnaise et à identifier les facteurs influençant cette acceptabilité.
Méthodologie |
L’étude combine une approche quantitative avec deux enquêtes en janvier et en avril via un questionnaire en ligne avec l’outil Skezia et recueil de multiples paramètres: caractéristiques sociodémographiques, connaissance autour de la vaccination, intention vaccinale et une partie qualitative avec des entretiens individuels menés du 10 avril au 18 mai pour explorer les perceptions, les craintes et les représentations autour du vaccin et du chikungunya.
Résultats |
1013 et 1 446 participants ont respectivement répondu aux questionnaires de janvier et avril. On retrouve une baisse significative de l’intention vaccinale avec 59,7 % de participants favorables en janvier contre 37,1 % en avril. Notons que 40 % déclarent un antécédent de chikungunya en avril contre 13 % en janvier.
Les principaux déterminants de l’hésitation vaccinale: une faible confiance dans les vaccins, des antécédents d’hésitation ou de refus vaccinal, une situation socio-économique précaire, l’absence d’antécédent de chikungunya. À l’inverse, être professionnel de santé demeure un facteur de protection fort.
Les entretiens ont révélé plusieurs éléments: une défiance avec un manque de confiance dans le vaccin perçu comme « expérimental » ou imposé par les autorités; une minimisation du risque: le chikungunya est une « maladie bénigne » ; une crainte des effets secondaires; un impact du décès post-vaccinal survenu en avril 2025 et un manque d’information claire sur le vaccin avec une communication officielle jugée insuffisante.
Discussion |
La baisse de l’acceptabilité vaccinale semble influencée par plusieurs facteurs potentiels comme l’héritage de la pandémie COVID-19 avec une défiance envers les autorités alimentée par une surcharge d’informations contradictoires (« infodémie »). Le contexte socio-économique joue un rôle avec des populations précaires plus réticentes potentiellement en raison d’un accès limité à une information fiable. Enfin l’attitude des professionnels de santé (majoritairement favorables à la vaccination) qui expriment une prudence qui influence négativement la confiance de la population.
Conclusion |
L’étude Vaxcceptachik montre l’importance dans la temporalité dans la gestion d’une politique vaccinale en période d’épidémie avec une baisse importante de l’intention vaccinale et une crise de confiance envers la vaccination retrouvé lors des entretiens, multifactorielle.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S21 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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