Conséquences sur les maladies infectieuses épidémiques de Chido à Mayotte - 21/02/26
Résumé |
Introduction |
L’événement climatique majeur Chido, survenu à Mayotte, a entraîné d’importantes perturbations du système de santé et des conditions de vie, susceptibles d’influencer l’épidémiologie des maladies infectieuses. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’impact du cyclone sur l’activité infectieuse du service de médecine du CHM. L’objectif secondaire visait à caractériser les pathologies infectieuses et les profils des patients selon la période (avant ou après Chido).
Méthodologie |
Une analyse rétrospective des dossiers de patients hospitalisés a été menée, comparant deux périodes: avant Chido (01/12/2023–31/01/2024 et 01–14/12/2024) et après Chido (15/12/2024–31/01/2025). Les variables étudiées incluaient les données socio-démographiques, les délais de prise en charge, la durée d’hospitalisation, l’issue des séjours et la nature des infections.
Résultats |
Au total, 154 patients ont été inclus: 94 avant Chido et 60 après. Les patients de plus de 40 ans étaient majoritaires dans les deux périodes. Après Chido, 56 % des patients résidaient dans l’intercommunalité Mamoudzou-Dembéni contre 46 % avant. Aucune différence significative n’a été observée sur le plan sociodémographique. Le délai moyen de prise en charge est resté stable (7,4 jours avant vs 5,6 jours après, p > 0,05), mais la durée médiane d’hospitalisation a significativement augmenté après Chido: 10 jours [6 ; 17] vs avant (p = 0,02). Cette hausse concernait notamment les infections pulmonaires (7 jours [4 ; 10] vs 11 jours [6 ; 21], p = 0,009). Près de 39 % des patients présentaient plusieurs infections, dont un sepsis dans 23 % des cas. Les infections pulmonaires restaient prédominantes (38,5 %), suivies des infections urinaires (14 %), digestives (8,5 %) et ostéo-articulaires (8,5 %). Les infections cutanées ont significativement augmenté après Chido (32 % vs 17 %, p = 0,001), en lien avec une recrudescence des cas à Streptococcus pyogenes et d’abcès multiples à S. aureus PVL+. Aucun signal particulier n’a été observé pour le choléra (1 cas isolé), la leptospirose, la fièvre typhoïde, le paludisme, la dengue ou le chikungunya.
Discussion/Conclusion |
L’activité hospitalière est demeurée globalement stable malgré le cyclone, mais la durée d’hospitalisation prolongée traduit une charge accrue pour l’hôpital et le système de soins. L’augmentation des infections cutanées souligne l’impact environnemental post-cyclonique (plaies, dermo-hypodermites, abcès). Les infections invasives à Streptococcus spp. et S. aureus PVL+ ont été plus fréquentes après Chido. Il est essentiel d’anticiper les ruptures d’antibiotiques de première ligne, notamment ceux à effet antitoxinique. Malgré une préparation initialement limitée, la mobilisation et la solidarité des équipes ont permis de maintenir une activité hospitalière stable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S22 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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