Quelle place des équipes de la Croix-Rouge française dans la lutte contre les maladies à transmission hydrique à Mayotte ? - 21/02/26
Résumé |
À Mayotte, l’épidémie de choléra de 2024 a rappelé à quel point l’accès à l’eau potable et à des conditions d’hygiène décentes demeure un enjeu majeur de santé publique. Le passage du cyclone Chido en décembre 2024 a, quant à lui, mis en évidence la fragilité du système d’approvisionnement en eau sur l’île et la nécessité de renforcer la résilience face aux crises climatiques.
Depuis 2018, les équipes EHA (Eau, Hygiène et Assainissement) de la Croix-Rouge française (CRF) travaillent aux côtés des habitants, des communes et des services de l’État pour améliorer l’accès à l’eau, accompagner les populations et répondre aux urgences sanitaires. Le visage de cette mission est pluriel: des bénévoles et salariés de la CRF, des citoyens de quartiers engagés autour des bornes fontaines monétiques sur leur temps libre, des associations locales, mais aussi des équipes de réponse d’urgence (ERU)de la CRF venues en renfort après le cyclone.
En 2025, malgré un contexte post-cyclonique difficile, le service EHA a poursuivi le suivi des 100 bornes fontaines monétiques (BFM) de l’île, avec quatre nouvelles installations dans des zones particulièrement vulnérables comme Kawéni ou Koungou. Près de 200 pannes ont été recensées à mi-année, un chiffre similaire à celui de 2024, mais les délais de réparation ont été plus longs en raison des effets post-cycloniques.
Le déploiement de l’unité mobile de traitement d’eau AQUAFORCE 2000, opérée avec l’appui de la Fondation Veolia, a constitué un appui majeur pendant la phase d’urgence et continue de soutenir les populations vulnérables. Ces interventions permettent d’assurer une continuité vitale d’approvisionnement pour de nombreux quartiers isolés, non raccordés au réseau d’eau potable.
En parallèle, les équipes EHA ont mené un important travail de prévention et de proximité: plus de 11 000 personnes rencontrées et sensibilisées, 6 700 kits WASH distribués (seaux, jerricanes, produits d’hygiène), et la mise en place d’une démarche participative “Child-to-Child” impliquant des enfants de l’école publique de Dapani et du Village d’EVA (association qui vient en aide aux mineurs non scolarisés) comme mini médiateurs en santé auprès de leurs pairs et de leurs parents.
Cette expérience illustre la capacité des équipes EHA à conjuguer actions techniques, accompagnement social et réponse d’urgence, pour garantir un accès durable et équitable à l’eau potable sur l’ensemble du territoire mahorais.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S22-S23 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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