Réponse à l’épidémie de chikungunya à l'Île Maurice - 21/02/26
Résumé |
Le chikungunya est réapparu à Maurice en 2025 après une importation de La Réunion. L'épidémie a débuté le 15 mars 2025, le premier cas transmis localement ayant été détecté le 21 mars 2025.
Au 28 septembre 2025, 1 577 cas confirmés par PCR avaient été signalés. Le nord et l'ouest de l'île étaient les régions les plus touchées. Les hommes représentaient 56 % des cas, et la tranche d'âge des 40-59 ans était la plus touchée. L'épidémie a atteint un pic durant la semaine épidémiologique 21, après quoi le nombre de cas hebdomadaires est tombé à moins de dix à partir de la semaine 34. Aucun décès, admission en soins intensifs ni infection congénitale n'ont été enregistrés.
La réponse nationale a été coordonnée par un comité multisectoriel de haut niveau, réuni au Ministère de la Santé et du Bien-être. Ce comité a supervisé l'activation du plan opérationnel national de lutte contre le chikungunya, le renforcement des mesures de propreté environnementale (notamment l'imposition d'amendes et de sanctions par les inspecteurs sanitaires), l'amélioration de la surveillance des vecteurs grâce au suivi plus fréquent de l'indice de Breteau (par la Division de la Biologie et de la Lutte Antivectorielle) et aux enquêtes sur la fièvre, ainsi que la sensibilisation du public via le média.
Le renforcement des capacités a notamment inclus une formation à la prise en charge clinique dispensée par le professeur Kleber Luz (Brésil) et le Dr Masina John (OMS AFRO). La lutte antivectorielle a été intensifiée grâce à la brumisation et des traitements larvicides fréquents, et les cas confirmés ont été isolés pendant sept jours, principalement dans des hôpitaux qui sont équipés de moustiquaires et de répulsifs anti-moustique. Le Laboratoire Central de Santé a renforcé ses capacités de tests moléculaires et l'Unité de Contrôle des Maladies Transmissibles a publié des bulletins épidémiologiques hebdomadaires.
Sous le parrainage de l'OMS, le professeur Bigoga a fourni des conseils d'expert sur la gestion de la résistance aux insecticides, le renforcement de l'engagement communautaire et de la communication sur les risques, ainsi que l'amélioration des techniques de brumisation et de traitement larvicide, tout en explorant la technique de l'insecte stérile comme une solution à long terme.
Un modèle VSIR (Vecteur-Sensible-Infecté-Rétabli) modifié a été développé pour prévoir la trajectoire de l'épidémie, en intégrant les précipitations, la température et les interventions de santé publique mises en œuvre par le Ministère de la Santé et du Bien-être. Des simulations ont également été utilisées pour estimer l'impact d'un éventuel dépistage par PCR des passagers arrivant des pays touchés.
Le modèle VSIR adapté a confirmé la chronologie du pic épidémique. L'analyse des scénarios a montré que le dépistage par PCR de tous les passagers arrivant de pays où sévit une épidémie active de chikungunya n'aurait réduit le nombre de cas locaux que de 2 à 7 %, ce qui indique qu'une telle mesure ne serait pas rentable pour une économie dépendante du tourisme.
Les priorités futures comprennent la réalisation d'une étude nationale de séroprévalence afin de déterminer la charge réelle de l'infection et le développement de systèmes d'alerte précoce pour les maladies à transmission vectorielle afin de renforcer la préparation et la capacité de réponse.
(L'auteur tient à remercier le Laboratoire Central de Santé et l'Unité de Contrôle des Maladies Transmissibles pour leurs contributions à des données utilisées dans ce manuscrit.)
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S23 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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