Les systèmes de surveillance animés par Santé publique France à Mayotte - 21/02/26
Résumé |
Santé publique France, à travers sa Cellule régionale de Mayotte, assure la surveillance épidémiologique du territoire afin d’anticiper, de comprendre et d’agir face aux menaces sanitaires. À ce titre, la cellule apporte son expertise à l’Agence régionale de santé de Mayotte pour fournir à l’autorité de santé une aide à la décision dans les actions de santé publique. Elle coordonne un dispositif de surveillance multisource et pérenne, combinant des systèmes nationaux et des dispositifs adaptés aux spécificités locales.
Santé publique France, via sa Cellule régionale de Mayotte, assure la surveillance épidémiologique du territoire afin d’anticiper, de comprendre et de répondre aux menaces sanitaires. À ce titre, la cellule apporte son expertise à l’Agence régionale de santé de Mayotte pour soutenir la prise de décision. Elle coordonne un dispositif de surveillance multisource et pérenne, combinant des systèmes nationaux et des dispositifs adaptés aux spécificités locales.
Le dispositif repose d’abord sur la surveillance syndromique OSCOUR®, qui collecte quotidiennement les passages aux urgences du Centre hospitalier de Mayotte (CHM). Cet outil permet la détection rapide de signaux inhabituels et le suivi spatio-temporel de tendances sanitaires. S’y ajoutent les maladies à signalement obligatoire (MSO), encadrées par un dispositif national réglementaire, essentiel pour décrire les tendances locales et orienter les mesures de gestion.
Des surveillances spécifiques régionales complètent ce socle. Elles concernent les arboviroses (dengue, chikungunya, fièvre de la vallée du Rift, Zika), la leptospirose, le paludisme, ainsi que des pathologies saisonnières telles que la grippe, la bronchiolite ou les gastro-entérites. Ces systèmes, alimentés par le laboratoire du CHM et le laboratoire privé, ont permis de détecter précocement plusieurs épidémies (fièvre de la vallée du Rift 2019, dengue 2020, chikungunya 2025).
La surveillance sentinelle des médecins et des pharmaciens, fondée sur la remontée hebdomadaire des syndromes et des ventes médicamenteuses, constitue un autre pilier de la surveillance régionale. Toutefois, ces réseaux sont actuellement en phase de réactivation, après un affaiblissement lié à diverses causes: la fragilisation du réseau des médecins à la suite de la pandémie de COVID-19 et la grève des officines ayant affecté le réseau des pharmacies sentinelles. En parallèle, la surveillance à base communautaire (SBC), inspirée du modèle de l’OMS, vient renforcer la veille sanitaire dans les zones où les systèmes classiques restent limités notamment dans les quartiers précaires ou le taux de renoncement aux soins est le plus élevé.
Enfin, la cellule Mayotte adapte ses systèmes de surveillance en période de crise en mobilisant des dispositifs flexibles, comme lors de la crise de l’eau (2023), du choléra (2024) ou du cyclone Chido (2025), en s’appuyant sur la réserve sanitaire pour maintenir la continuité des données.
Cette surveillance robuste, mais encore fragile, s’appuie sur un large réseau de partenaires institutionnels, hospitaliers, communautaires et associatifs. Les perspectives portent sur le renforcement de la qualité des données, la réactivation des réseaux sentinelles, la consolidation de la surveillance communautaire et l’amélioration de la détection précoce des menaces sanitaires pour mieux anticiper et agir.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S26-S27 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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