Colonisation néonatale par des entérobactéries résistantes aux céphalosporines de 3ᵉ génération (C3G-R-E) à Madagascar: une cohorte de foyers avec prélèvements maternels multi-compartimentaux (étude NeoLIC) - 21/02/26
, Alexis CRISCUOLO 1, Aina HARIMANANA 2, Rindra V. RANDREMANANA 2, Perlinot HERINDRAINY 2, Jean-Marc COLLARD 1, Andriniaina RAKOTONDRASOA 3, Tania CRUCITTI 2, Bich-Tram HUYNH 1NeoLIC study group
Résumé |
Introduction |
L’épidémiologie clinique et moléculaire de l’acquisition de C3G-R-E chez les nouveau-nés reste peu documentée à Madagascar, malgré le fardeau élevé des infections bactériennes néonatales.
Méthodologie |
Dans une zone rurale de Madagascar (2021–2022), 67 foyers avec un nouveau-né ont été inclus. Des visites ont été réalisées à la naissance, puis aux jours 3, 7, 14, 21 et 28, avec prélèvements de selles chez les nouveau-nés, les mères (ainsi que des prélèvements du lait maternel et du mamelon), les autres membres du foyer et les berceaux. Tous les isolats C3G-R-E ont été soumis à un séquençage génomique complet. Les souches identiques ont été identifiées à l’aide d’un seuil de similarité défini empiriquement et par regroupement en clusters. Les facteurs de risque ont été analysés à l’aide d’un modèle de survie Andersen–Gill prenant en compte l’acquisition récurrente de souches distinctes.
Résultats et discussion |
Au total, 320 individus ont fourni 2793 prélèvements (1 780 génomes). La colonisation digestive par C3G-R-E était très fréquente: 95,5 % des mères, 95,1 % des enfants et 100 % des autres adultes étaient colonisés au moins une fois. Les nouveau-nés avaient une prévalence cumulée plus faible (62,7 %, p < 0,05) présentait un profil d’espèces distinct (dominé par Klebsiella/Enterobacter , versus E. coli ), et comportaient un nombre plus restreint de souches (médiane 2 vs. 5, p < 0,05). Des profils similaires ont été observés dans les échantillons de lait et de mamelon, colonisés au moins une fois dans 46,2 % et 53,7 % des cas, respectivement. Les facteurs de risque associés à la colonisation du lait maternel étaient la consommation de viande crue, la saison des pluies et l’absence d’électricité. L’utilisation d’antibiotiques chez le nouveau-né était associée à la colonisation du mamelon. Des souches identiques ont été retrouvées dans 19,4 % des paires lait-nouveau-né et 28,3 % des paires mamelon–nouveau-né. Le principal facteur de risque d’acquisition néonatale était l’allaitement maternel non exclusif, tandis que la colonisation du lait ou du mamelon n’était pas significative.
Conclusion |
Les nouveau-nés présentent des profils de colonisation distincts par C3G-R-E. Si l’allaitement maternel pourrait jouer un rôle, l’introduction précoce d’aliments autres que le lait maternel semble être le principal facteur de risque.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S27 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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