Infections ostéoarticulaires en milieu tropical : Le rôle des bacilles à Gram négatif - 21/02/26

Résumé |
Introduction |
Les infections ostéoarticulaires (IOA) sont de plus en plus rapportées à travers le monde, mais les données épidémiologiques restent limitées en contexte tropical. L’objectif de notre étude était de décrire les micro-organismes responsables des infections ostéoarticulaires et leurs profils de résistance, afin d’orienter la prise en charge antibiotique probabiliste dans ce type d’environnement.
Méthodologie |
Cette étude rétrospective sur cinq ans a inclus tous les patients adultes présentant un premier épisode d’infection ostéoarticulaire confirmé microbiologiquement entre janvier 2019 et décembre 2024 au Centre Hospitalier Universitaire de la Guadeloupe.
Résultats |
Au total, 312 patients avec IOA ont été inclus. Parmi les 449 microorganismes isolés, les bacilles à Gram négatif étaient prédominants (41 %), incluant des entérobactéries du groupe 3 (13 %, 59/449) et Pseudomonas aeruginosa (9 %, 39/449). Les Staphylococcus aureus résistants à la méticilline représentaient 3 % (13/449), tandis que les entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu ne représentaient que 2 % des isolats (8/449). Au moins un bacille à Gram négatif a été identifié dans 31 % des arthrites septiques sur articulation native (27/88), 33 % des spondylodiscites (9/27), 38 % des infections sur prothèse articulaire (27/71), 47 % des infections sur matériel d’ostéosynthèse (48/103) et 52 % des ostéomyélites (12/23). Les morsures ou griffures, le contact avec le sol ou les végétaux, ainsi qu’une localisation au membre inférieur étaient des facteurs indépendamment associés à l’identification d’un bacille à Gram négatif. Dans les arthrites septiques, l’activité estimée de la céfazoline (74 %) était inférieure à celle du céfépime (92 %) et de la pipéracilline–tazobactam (92 %). Les infections sur prothèse et sur matériel d’ostéosynthèse présentaient une sensibilité plus faible à la céfazoline et aux céphalosporines de troisième génération (68–70 % et 48–49 %, respectivement), comparativement à la céfépime et à la pipéracilline–tazobactam (80–86 % et 79–83 %). Toutes les combinaisons de céfépime ou pipéracilline–tazobactam avec un glycopeptide montraient des taux de sensibilité ≥ 90 %.
Conclusion |
Nos résultats mettent en évidence l’émergence des bacilles à Gram négatif dans les IOA en contexte tropical, soulignant la nécessité d’une surveillance locale pour orienter la prise en charge antibiotique probabiliste.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S28-S29 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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