Le syndrome alphagal, c’est quoi ? État des lieux en Afrique. Possible à Mayotte ? - 21/02/26
Résumé |
Introduction |
Le syndrome α-Gal (SAG), allergie retardée à la viande de mammifères secondaire à des morsures de tiques, est désormais bien documenté en Amérique du Nord, en Europe et dans certaines régions d’Asie. En Amérique du Sud, les premières séries ont émergé récemment, notamment en Guyane française, où une association forte avec les morsures de tiques locales a été mise en évidence. Toutefois, les données provenant du continent africain demeurent extrêmement limitées et souvent hétérogènes, tandis qu’aucune donnée n’est disponible à ce jour pour les pays de l’océan Indien.
Méthodologie |
Nous avons réalisé une revue narrative de la littérature internationale (PubMed, Embase, Web of Science) et compilé les données issues des travaux cliniques, immunologiques et entomologiques concernant l’α-Gal en Afrique et dans l’océan Indien.
Résultats |
En Afrique subsaharienne, plusieurs études sérologiques rapportent une prévalence élevée de sensibilisation IgE anti-α-Gal, parfois supérieure à 50 % dans certaines populations rurales kényanes, sans qu’une traduction clinique systématique ne soit observée. Quelques séries cliniques sud-africaines décrivent des réactions retardées à la viande rouge, allant jusqu’à l’anaphylaxie, mais les présentations sont souvent atypiques, dominées par des symptômes gastro-intestinaux. Le rôle des cofacteurs (helminthiases, expositions environnementales multiples) est évoqué, mais les espèces locales de tiques susceptibles de transmettre l’α-Gal restent peu étudiées. Dans l’océan Indien, bien que certaines tiques potentiellement anthropophiles aient été identifiées, aucune donnée clinique ou épidémiologique n’a été publiée à ce jour.
Discussion/Conclusion |
Le contraste entre l’ampleur du SAG en Amérique du Nord et l’absence quasi-totale de données robustes en Afrique illustre un angle mort majeur de la recherche allergologique et entomologique. L’absence complète de données dans l’océan Indien est particulièrement préoccupante, compte tenu des écosystèmes insulaires riches en tiques et de la forte dépendance aux protéines animales dans l’alimentation. Des études de prévalence, de caractérisation clinique et d’identification des espèces de tiques vectrices sont indispensables pour combler ce déficit de connaissances et adapter la prévention et la prise en charge dans ces régions.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S3 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

