Béribéri à Mayotte en 2025 - 21/02/26
Résumé |
Le béribéri est dû à une carence en Thiamine (vitamine B1). En 2004 à Mayotte, vingt nourrissons sont décédés de béribéri (forme cardiaque fulminante ou shoshin béribéri) en quelques semaines Depuis un traitement préventif vitaminique systématique est prescrit à toutes les femmes enceintes et allaitantes, et aux nouveaux nés. Depuis quel est l’état des lieux du béribéri dans ce département français depuis 2011.
La vitamine B1 est de source exclusivement alimentaire. Après absorption intestinale elle subit une phosphorylation hépatique, est transportée via les globules rouges vers les cellules, où elle joue le rôle de cofacteur enzymatique indispensable au métabolisme du glucose, et est donc indispensable au fonctionnement du cœur, des nerfs et des muscles.
Certaines situations augmentent les besoins en vitamine B1, en premier lieu la grossesse et l’allaitement. On distingue deux principales formes cliniques : le béribéri humide ou cardiaque, le béribéri sec ou neurologique. Les formes gravissimes sont le shoshin béribéri avec défaillance cardiaque aigue d’évolution mortelle sans traitement vitaminique, et la forme neurologique centrale (Encéphalopathie de Gayet Wernicke) avec de démence irréversible. Les formes neurologiques périphériques (polynévrites) peuvent entrainer un handicap moteur définitif. Le diagnostic est fait sur la présentation clinique, le contexte social, le type d’alimentation et souvent le test thérapeutique d’épreuve. Les dosages vitaminiques ont peu d’intérêt en dehors de la recherche clinique, et ne doivent pas faire retarder le traitement.
La cause la plus fréquente (hors alcoolisme) est la consommation exclusive de riz, ce qui est le cas à Mayotte. De plus culturellement les femmes enceintes et allaitantes y boivent beaucoup de Oubou, boisson à base de riz blanc bouilli, supposé avoir de multiples vertus thérapeutiques.
Entre 2015 et 2025, 207 patients ont été hospitalisés au Centre hospitalier de Mayotte. La plupart étaient des femmes, majoritairement enceintes, en post-partum ou allaitantes, avec une majorité de formes neurologiques périphériques. On note cependant une augmentation inquiétante des encéphalopathies chez l’adulte. Les enfants avaient un shoshin béribéri, et un décès est à déplorer. L’incidence est en augmentation malgré les mesures préventives insuffisamment réalisées, et le diagnostic souvent retardé.
La connaissance de la maladie et son existence sur Mayotte, l’éducation des personnels de santé, l’observance médicamenteuse et le renforcement de l’éducation thérapeutique sont les piliers de la disparition un jour de cette maladie, lourde de conséquences et dont le traitement préventif est simple et peu couteux.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S4 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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