Épidémiologie de la brûlure à Mayotte - 21/02/26
Résumé |
Dernier département créé en 2011, Mayotte souffre toujours d’un retard dans l’intégration aux statistiques officielles en santé, rendant la planification des besoins en soins et en prévention difficile. Nous avons mené une étude épidémiologique rétrospective incluant tous les patients suivis dans le centre de traitement des brulés de Mayotte entre le 1 er février 2022 et le 31 janvier 2023 (339 patients).
Nous avons d’abord étudié les patients brulés sur l’île, soit 300 personnes. L’âge moyen était de 10,7 ans avec 75 % de patients de moins de 12 ans. L’incidence globale était de 100/100 000 habitants, ce qui semble plus élevé que dans les autres départements mais de 16/100 000 concernant uniquement les patients hospitalisés, soit un chiffre comparable avec le niveau métropolitain. Les brûlures étaient le plus souvent domestiques et causées par des liquides chauds (82,7 %), de surface < 10 % (91 %) et de 2 e degré superficiel (66,7 %). Les catégories sociales les plus précaires sont sur-représentées dans la population brulée en lien avec des conditions de logement très dégradées. L’autre groupe (39 cas) correspond aux patients brulés aux Comores mais soignés à Mayotte après un délai moyen de 10 jours suivant l’accident. Les brûlures étaient significativement plus étendues (SCB 16,6 % vs 10,7 %), plus profondes (3 e degré 66,7 % vs 2,0 %) et causées par des flammes (66,7 % vs 10,7 %). Ces patients ont été plus souvent hospitalisés (71,8% vs 16,0 %), représentant un total de 608 journées d’hospitalisation contre 480 journées pour les 300 autres patients. Le CTB de Mayotte doit ainsi prendre en charge à la fois une population locale particulièrement précaire, et une population extérieure atteinte de brûlures particulièrement graves.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S5 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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