Cancers féminins et mobilités thérapeutiques depuis le Vanuatu vers la Nouvelle-Calédonie - 21/02/26
Résumé |
Le Vanuatu est un archipel océanien, resté sous condominium franco-britannique de 1906 à 1980, et classé jusqu’en 2020 comme l’un des pays les moins avancés par les Nations unies. Selon la Stratégie du secteur de la santé du Vanuatu 2021-2030, les maladies non transmissibles, tels les cancers, constituent un véritable problème dans l'archipel. Les données sur les pathologies cancéreuses sont cependant peu fiables, du fait notamment des sous-diagnostics et des difficultés à tenir un registre des cancers à jour. Le recours à la biomédecine n’est pas systématique. Les personnes se présentent souvent dans les établissements de santé avec une suspicion de cancer avancé, voire métastatique, après avoir testé d’autres formes de médecines. Les moyens biomédicaux pour prévenir, diagnostiquer et traiter les cancers sont centralisés dans la capitale Port-Vila et sont extrêmement limités. La radiothérapie et la chimiothérapie ne sont par exemple pas disponibles dans le pays. Et il n’y a pas de système étatique institutionnalisé pour favoriser la coordination ou la coopération transnationale dans la prise en charge des patients. Malgré cela, des personnes diagnostiquées ou suspectées d’avoir un cancer tentent de se rendre à l’étranger pour réaliser un bilan d’extension ou se faire traiter.
Ma recherche anthropologique porte sur les mécanismes qui influencent la souffrance psychique et le bien-être des personnes vivant avec un cancer (ou une suspicion de cancer) du sein ou de l’appareil reproducteur féminin au Vanuatu. Afin d’appréhender la complexité de ces mécanismes, j’ai rencontré à Port-Vila, en 2023, 61 acteurs qui interviennent sur la question de la santé mentale ou des cancers (soignants, associations, responsables politiques), ainsi que 28 patientes avec lesquelles j’ai effectué des entretiens semi-directifs ou des discussions informelles. J’ai également collecté des documents et passé plusieurs heures à observer les interactions entre les patientes et le personnel des établissements de santé de la capitale.
Dans cette communication, je me suis penchée sur l’expérience des femmes ni-Vanuatu qui se déplacent (ou souhaitent se déplacer) en Nouvelle-Calédonie dans le cadre de leur cancer. Les travaux de sciences humaines et sociales réalisés sur les mobilités transfrontalières de malades dans le recours aux soins, tout comme mes matériaux, soulignent l’importance des ressources économiques, des réseaux sociaux et de la connaissance préalable du pays d’accueil par les patients. Mes matériaux mettent par ailleurs en avant de fortes inégalités liées aux nationalités, aux rapports de genre, ou à la dénomination religieuse des femmes vivant avec un cancer.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S6 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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