Enquête ethnobotanique et évaluation du potentiel antibactérien de plantes médicinales mahoraises - 21/02/26
, Cédric BERTRAND 1, 2, Mohamed HADDAD 3, Yannick EVENO 4, François CHASSAGNE 5Résumé |
L’île de Mayotte, située dans l'archipel des Comores, dans l'océan Indien, possède une biodiversité remarquable englobant divers écosystèmes terrestres et marins. Les habitants de l'île utilisent depuis longtemps la médecine traditionnelle, s'appuyant sur une riche pharmacopée locale encore peu étudiée. Dans le cadre du Pôle d'Innovation Intégré de Mayotte (PI2M), dédié à la valorisation de la biodiversité mahoraise, un axe « pharmacopée » a été mis en place pour promouvoir les plantes médicinales locales. En 2023, une première étude a permis d'interroger 103 personnes à travers l'île, identifiant 154 espèces de plantes médicinales, dont 12 particulièrement citées pour des pathologies spécifiques. Ces travaux ont conduit à la publication d'un article dans le Journal of Ethnopharmacology [1]. Un projet de thèse a ensuite été lancé afin de valider scientifiquement l’efficacité, l’innocuité et la qualité des plantes les plus utilisées dans la médecine traditionnelle mahoraise. Pour sélectionner les plantes d’intérêt, plusieurs critères ont été utilisés (inscription sur les listes A et Belfrit, endémicité, importance ethnobotanique, ainsi que l’existence d’études pharmacologiques et phytochimiques préalables) et une nouvelle enquête de terrain a été menée.
Au final, neuf plantes ont été sélectionnées parce qu’elles présentaient un fort potentiel de valorisation pour la population (originalité et forte utilisation traditionnelle). Ces neuf plantes sont Coleus madagascariensis, Decalobanthus peltatus, Leptadenia madagascariensis, Leucas grandis, Mimusops comorensis, Paullinia pinnata, Phyllarthron comorense, Tragia furialis et Vepris boiviniana . Afin de mieux comprendre leurs revendications des activités biologiques ont été évaluées. Ainsi des extraits ont été testés dans un premier temps pour leurs activités antibactériennes, en déterminant leur concentration minimale inhibitrice (CMI) sur 10 souches bactériennes différentes. Cinq de ces plantes ont montré une activité antibactérienne significative contre six des dix souches testées. En particulier, les extraits éthanoliques et aqueux des feuilles de Vepris boiviniana , ont inhibé Pseudomonas aeruginosa et Klebsiella pneumoniae à une concentration de 4 µg/ml, mettant en évidence leur fort potentiel antibactérien.
Afin d’identifier les composés responsables de cette activité, une analyse phytochimique bioguidée permettra de caractériser les molécules actives. Ces recherches contribueront ainsi à une meilleure connaissance de Vepris boiviniana et, plus largement, à l’intégration des plantes médicinales mahoraises dans la pharmacopée française.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S6-S7 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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