Orgasme et plaisir féminin - 21/02/26

, Pierre TATTEVIN 3Résumé |
Cette intervention présente un atelier consacré à l’orgasme et au plaisir féminin à Mayotte, construit dans un contexte socioculturel où la sexualité demeure fortement régulée et marquée par des normes religieuses et sociales spécifiques. Dans une société majoritairement musulmane, la sexualité masculine bénéficie d’une grande tolérance, tandis que les femmes sont soumises à un double standard exigeant à la fois retenue avant le mariage et performance sexuelle après celui-ci. Ces contradictions génèrent des tensions psychologiques et sociales importantes et limitent la possibilité de disposer d’espaces de parole dédiés à la sexualité féminine. L’atelier a été conçu autour de trois objectifs principaux : déconstruire les représentations limitantes autour de la sexualité féminine à Mayotte; encourager les femmes à explorer leur corps, leur plaisir et leurs droits; ouvrir un espace de parole respectueux, interculturel et bienveillant.
L’introduction mettait en lumière le statut du tabou sexuel à Mayotte, moins lié à la pratique qu’à l’impossibilité de nommer les expériences sexuelles, notamment le plaisir féminin. Une attention particulière était portée au langage et aux termes vernaculaires associés à l’anatomie génitale féminine, révélant un enjeu de reconnaissance symbolique. L’intervention soulignait également la nécessité d’inscrire le plaisir dans la définition de la santé sexuelle, conformément aux principes de l’Organisation mondiale de la Santé, en dépassant une approche centrée sur la prévention ou la reproduction.
L’atelier incluait une présentation anatomique de l’organe génital féminin, suivie d’une séquence consacrée au clitoris, visant à corriger des idées reçues et à rappeler son rôle unique dans la physiologie du plaisir. Une personnification du clitoris permettait d’illustrer les mécanismes d’invisibilisation historique, culturelle et médicale qui ont entouré cet organe.
La seconde partie de l’atelier mobilisait des intervenantes issues du secteur associatif et du champ psychosocial afin d’aborder l’intime dans une perspective intergénérationnelle, incluant les pratiques traditionnelles liées à la préparation des jeunes femmes à la vie conjugale. Des thématiques telles que le bien-être, la charge mentale, le désir sexuel et les injonctions contradictoires pesant sur les femmes étaient discutées. L’ensemble de la démarche visait à soutenir une réappropriation du corps et une valorisation des expériences plurielles de la sexualité féminine.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 1S
P. S8-S9 - février 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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