Dépistage précoce de la contamination interne sur le terrain en situation d’urgence radiologique : intérêts et limites - 03/03/26
Early detection of internal contamination in the field during radiological emergencies: Benefits and limitations
, Manon Chantre 1, 3, Annabelle Bonnin-Dussaud 1, Guillaume Garnier 1, Jérôme Loess 1, Dominique Saurat 1Résumé |
En situation d’urgence radiologique, par exemple à la suite de l’utilisation d’une bombe sale ou de la dispersion de matières radioactives, le Service de protection radiologique des armées (SPRA) dispose de capacités d’intervention de terrain permettant d’assurer un triage rapide et fiable des victimes selon le critère de la contamination interne ( Figure 1 ). Ces moyens militaires, mobilisés en appui ou en relais lorsqu’un dépassement des capacités civiles est constaté – conformément à la règle des « 4 I » : inexistants, insuffisants, inadaptés ou indisponibles – diffèrent en fonction de la nature des radionucléides susceptibles d’être impliqués. Pour des émetteurs gamma, des camions mobiles d’anthroporadiométrie peuvent être déployés immédiatement après la sortie des victimes de la chaîne de décontamination, afin de réaliser des mesures rapides et efficaces. En revanche, lorsqu’il s’agit d’émetteurs alpha ou bêta purs, le triage se fera sur l’analyse du mucus nasal, considéré comme un indicateur pertinent d’inhalation récente de particules radioactives. Actuellement, le SPRA utilise une technique fondée sur la calcination de mouchoirs prélevés lors du mouchage, suivie d’une mise en coupelle et d’un comptage global alpha/bêta à l’aide de détecteurs à scintillation solide. Bien que robuste et éprouvée, cette méthode présente plusieurs limites : une mise en œuvre difficile en environnement humide, une logistique contraignante et une sensibilité insuffisante pour évaluer de manière fiable la contamination interne par des émetteurs bêta purs de faible énergie. L’objectif de ce travail était donc de développer une méthode de terrain plus rapide, plus simple et moins sensible aux conditions météorologiques, tout en garantissant un niveau de fiabilité compatible avec une situation d’urgence. La solution proposée repose sur la mesure par scintillation liquide d’un échantillon nasal prélevé directement à l’aide d’un écouvillon. Les essais menés sur un radionucléide émetteur alpha ont montré des résultats qualitatifs satisfaisants, permettant une distinction nette entre individus « contaminés » et « non contaminés », avec un seuil de décision inférieur à 100 mBq. La principale limite de cette nouvelle approche réside toutefois dans la cadence analytique, puisque les échantillons doivent être traités un par un avec un temps de comptage d’environ dix minutes. Des études complémentaires seront nécessaires afin d’explorer des pistes d’optimisation : réduction du temps de comptage, évaluation de l’influence d’éventuels interférents, ainsi que l’étude approfondie des effets de matrice susceptibles de modifier la réponse du système de mesure.
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Vol 10 - N° 1
P. 48-49 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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