Polypathologie préexistante et mortalité toutes causes des femmes dans l’année suivant l’issue d’une grossesse - 10/03/26
Résumé |
Introduction |
La polypathologie préexistante à la grossesse, dont la prévalence augmente, est associée à un surrisque de morbidité maternelle sévère. Cependant, peu d’études ont porté sur la mortalité, notamment au-delà de 42 jours après l’issue. Nous avons évalué l'association entre la polypathologie et la mortalité des femmes dans l’année suivant la grossesse.
Méthodes |
Parmi les grossesses survenues entre 2016 et 2022 identifiées dans la base EPI-MERES constituée par EPI-PHARE à partir du SNDS, les diagnostics d’hospitalisation en MCO et d’affections de longue durée et certains médicaments jusqu’à 5 ans avant la conception ont permis d’identifier 74 pathologies chroniques. Les odds ratios des associations entre la présence d’une pathologie (ORa1) ou d’une polypathologie (≥2 pathologies, ORa2) et la mortalité (totale, précoce (≤42 jours) et tardive (43–365 jours)) ont été estimés à l’aide de modèles multivariés à équations d’estimation généralisées. La même analyse a été réalisée pour la polypathologie complexe (≥3 pathologies, ORa3).
Résultats |
Parmi 6,5 millions de grossesses (4,8 millions de femmes), 15,6% concernaient des femmes avec une pathologie et 6,5% une polypathologie. Les femmes polypathologiques étaient plus souvent âgées, bénéficiaires de la C2S et exposées à des facteurs de risque (obésité, tabagisme). Le risque de décès (0,021%, n=1404 dont 30% tardifs) augmentait avec le nombre de pathologies (ORa1 : 1,7; (intervalle de confiance à 95% : 1,5-1,9); ORa2 : 4,7 (4,1-5,4); ORa3 : 8,4 (7,2-9,8)). Les associations étaient plus fortes pour la mortalité tardive que précoce pour la polypathologie (ORa2 : 5,7 (4,9-6,6) et 2,8 (2,1-3,7), respectivement) et la polypathologie complexe (ORa3 : 10,2 (8,5-12,2) et 4,7 (3,3-6,6)) mais pas pour une pathologie unique (ORa1 : 1,6 (1,4-2,0) et 1,7 (1,4-2,2)).
Discussion/Conclusion |
La polypathologie était fortement associée à la mortalité, davantage que la présence d’une pathologie unique et surtout pour la mortalité tardive, probablement liée à des causes non directement obstétricales. Un suivi renforcé et coordonné est nécessaire pour ces femmes, y compris à distance de l’issue de grossesse.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Grossesse, polypathologie, mortalité
Vol 74 - N° S1
Article 203214- mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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