Des psychologues face aux oppressions sociales : une étude qualitative sur la politisation des pratiques cliniques en santé mentale - 18/03/26
Psychologists confronting social oppression: A qualitative study on the politicization of clinical practices in mental health
, Oriane Mahé a, Chloé Calvez a, Sylvie Dalnoky b, David Fonte cRésumé |
Introduction |
Cette étude empirique s’intéresse à la manière dont des professionnel·les de santé mentale se revendiquant comme « psys situé·es » prennent en compte les oppressions sociales dans leur pratique clinique. Dans un contexte de dénonciation des discriminations sociales dans le domaine de la santé, l’objectif était de comprendre comment ces personnes politisent leur pratique, quelles trajectoires les y conduisent et quelles tensions en résultent.
Méthode |
Une enquête qualitative a été menée auprès de 18 professionnel·les inscrit·es sur la liste « Psy* situé·es », initiée par l’Association pour le soin queer et féministe. Les entretiens semi-directifs ont fait l’objet d’une analyse de contenu thématique, ancrée dans une approche inductive et constructiviste.
Résultats |
Les observations montrent que les psys interrogé·es remettent en question l’idéal de neutralité thérapeutique au profit d’une posture politiquement engagée. Ils et elles disent intégrer dans leur pratique clinique des savoirs issus des sciences sociales, des épistémologies féministes et de leur propre expérience de personne minorisée. Leur engagement dans une pratique clinique située s’inscrit dans des trajectoires de vie qui sont marquées par le vécu d’oppressions sociales ainsi que par une socialisation dans les milieux militants.
Discussion |
Ces résultats offrent une première cartographie d’une pratique psychologique émergente cherchant à politiser l’espace thérapeutique en vue de considérer l’influence des oppressions sociales sur la vie psychique. Ils invitent à questionner les dynamiques de résistance et de transformation à l’intérieur du champ psy en vue de défendre une pratique clinique tournée vers l’émancipation collective et les valeurs de justice sociale.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Introduction |
This empirical study examines how mental health professionals who identify as “situated therapists” incorporate social oppression into their clinical practice. In a context marked by increasing reports of discrimination in healthcare, the aim was to understand how these professionals politicize their practice, what life trajectories led them to do so, and what tensions arise from this position.
Method |
A qualitative study was conducted with 18 therapists listed in the “Psy* situé·es” directory, an initiative of the Association pour le Soin Queer et Féministe. Semi-structured interviews were analyzed using thematic content analysis grounded in an inductive constructivist approach.
Results |
The findings show that the therapists interviewed challenge the ideal of therapeutic neutrality in favor of a politically engaged stance. They report integrating into their clinical practice knowledge drawn from the social sciences, feminist epistemologies, and their own experiences as members of marginalized groups. Their commitment to a situated clinical practice is rooted in life trajectories marked by experiences of social oppression and socialization within activist communities.
Discussion |
These results provide an initial mapping of an emerging psychological practice that seeks to politicize the therapeutic space by acknowledging the influence of social oppression on psychic life. They invite a broader reflection on the dynamics of resistance and transformation within the mental health field, with the aim of fostering clinical approaches grounded in collective emancipation and social justice values.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Psychologue, Pratique située, Discrimination, Oppression sociale, Politique
Keywords : Psychologist, Situated practice, Discrimination, Social oppression, Politics
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