Vers l’identification des caractéristiques psychosociales d’hommes auteurs d’un homicide-suicide ou d’un suicide - 25/03/26
Identification of the psychosocial characteristics of men who commit homicide-suicide or suicide
Résumé |
Introduction |
L’homicide-suicide conjugal est une tragédie humaine commis principalement par des hommes. Plusieurs recherches indiquent que les auteurs d’un homicide-suicide conjugal partagent des caractéristiques avec les hommes ayant commis un suicide, il y a peu d’information sur les différences et les similitudes entre ces deux groupes d’hommes. À travers le monde, peu d’études ont comparé les deux groupes et aucune étude l’a fait au Québec jusqu’à maintenant. Afin de mieux comprendre ce phénomène, une comparaison des caractéristiques sociodémographiques, situationnelles, criminologiques, psychopathologiques ainsi que des consultations/demandes d’aide entre les deux groupes a été effectuée dans la présente recherche.
Méthode |
Au total, 41 cas (21 cas d’homicide-suicide conjugal et 20 cas de suicide) ont été sélectionnés à partir des dossiers du Bureau du Coroner en chef du Québec et ont été analysés à l’aide d’une grille d’analyse multidimensionnelle de l’homicide intrafamilial (Léveillée et al., 2005). Des analyses comparatives telles que le test de Student (test t) et le test de Chi 2 de Pearson (χ 2 ) ont été réalisées pour les variables quantitatives et qualitatives de la présente recherche.
Résultats |
Il n’y a pas de différence statistique entre les deux groupes en ce qui concerne avoir un enfant, être à l’emploi, souffrir d’une perte sociale, vivre un événement stressant, avoir des symptômes dépressifs (émis par un expert), consommer des substances (alcool ou drogues), avoir fait une tentative de suicide, avoir eu des idées suicidaires, consulter un professionnel de la santé dans le mois précédent le passage à l’acte, les types de consultation avec un professionnel de la santé, les professionnels consultés et la prise de médicaments pour une maladie physique. Bien que les auteurs d’homicide-suicide conjugal partagent des caractéristiques communes avec les hommes ayant commis un suicide, ils se distinguent d’eux sur plusieurs caractéristiques. Une plus grande proportion d’auteurs d’homicide-suicide conjugal sont dans un processus de séparation, vivent des problèmes conjugaux, ont des antécédents judiciaires, exercent de la violence conjugale comparativement aux hommes ayant commis un suicide, alors qu’une plus petite proportion d’auteurs d’homicide-suicide conjugal ont un diagnostic psychiatrique, des antécédents psychiatriques et prennent des médicaments pour un trouble mental que les hommes ayant commis un suicide. De même qu’un plus petit pourcentage d’auteurs d’homicide-suicide conjugal consultent un professionnel de la santé au cours de leur vie, entre 1 et 3 mois et entre 3 et 12 mois avant un passage à l’acte que les hommes ayant commis un suicide. Les auteurs d’homicide-suicide conjugal consultent principalement des médecins ou des ressources médicales pour des motifs psychologiques.
Conclusion |
La présente recherche souligne l’importance de l’aide psychologique, psychosociale ainsi que le dépistage des idées suicidaires, d’homicides et des violences conjugales exercées par certains hommes vivant des difficultés conjugales, étant en processus de séparation ou auteurs de violences conjugales. Étant donné que les auteurs d’homicide-suicide conjugal consultent des ressources médicales lorsqu’ils sont affectés par des difficultés psychologiques, une réflexion sur l’importance du dépistage dans les pratiques médicales devrait être envisagée. La demande d’aide doit être davantage encouragée auprès des hommes, en particulier ceux qui connaissent des difficultés psychologiques ou conjugales, qui sont en processus de séparation ou qui exercent des violences domestiques. La complexité du phénomène de l’homicide-suicide conjugal nécessite des recherches continues sur les stratégies de prévention de ces comportements létaux afin d’être améliorées pour réduire le nombre de décès d’hommes, de leurs victimes et de leurs co-victimes (membres de leur famille et de leur réseau social).
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Objectives |
Intimate partner homicide-suicide events are human tragedies, primarily committed by men. Much research indicates that perpetrators of intimate partner homicide-suicide share characteristics with men who commit suicide, there is little information on the differences and similarities between these two groups of men. In fact, around the world, few studies have compared the two and to date, none have been conducted in the province of Quebec. In an effort to shed light on intimate partner homicide-suicide, this study compares the sociodemographic, situational, criminological, and psychopathological characteristics, as well as some details of consultations with a health professional of two groups of adult men: those who committed intimate partner homicide-suicide and those who committed suicide in the province of Quebec between 2012 and 2021.
Materials and methods |
A total of 41 cases (21 cases of intimate partner homicide-suicide and 20 cases of suicide) were selected from the files of the Office of Coroner of Quebec. In addition, newspaper articles and criminal records were consulted to complement the data collected in the files of the Office of the Chief Coroner of Quebec. The Grille d’analyse multidimensionnelle de l’homicide intrafamilial (Léveillée et al., 2005) was used to list the collected data. Comparative analysis such as Student's t -test ( t -test) and Pearson's Chi 2 (X 2 ) test were carried out for the quantitative and qualitative variables of this study.
Results |
There is no statistical difference between the two groups with regards to having a child, being employed, suffering a social loss, experiencing a stressful event, exhibiting depressive symptoms (as identified by an expert), using substances, attempting suicide and/or having suicidal ideation, the consultation of a health professional within the last month before committing the act, the types of consultation with a health professionals, professionals consulted, and taking medication for any physical illnesses. Although the perpetrators of intimate partner homicide-suicide have some characteristics in common with men who commit suicide, they differ from them in various aspects. When committing the act, a greater proportion of intimate partner homicide-suicide perpetrators are in the process of separating or experiencing marital difficulties, have a criminal record, and engage in domestic violence compared to men who have committed suicide. Compared to men who commit suicide, a smaller proportion of intimate partner homicide-suicide perpetrators have psychiatric diagnoses, a psychiatric history, and take medication for a mental disorder. In addition, compared to men who commit suicide, a smaller percentage of intimate partner homicide-suicide perpetrators consult a health professional during their life, during the period ranging from 1 to 3 months and 3 to 12 months before committing the act. Intimate partner homicide-suicide perpetrators mainly consult doctor or go to medical resources for their psychological difficulties.
Conclusions |
The research highlights the importance of psychological and psychosocial help, screening for suicidal ideation, homicide ideation, and domestic violence in men experiencing psychological or marital difficulties, who are in the process of separating, or who are engaging in domestic violence. Given that the perpetrators of intimate partner homicide-suicide seek medical resources when they are affected by psychological difficulties, a reflection on the importance of screening in medical practices should be considered. Psychological help must be promoted further among men, particularly those who are experiencing psychological and/or marital difficulties, who are in the process of separating, and/or who are engaging in domestic violence. The complexity of the phenomenon of intimate partner homicide-suicide requires ongoing research to improve prevention strategies of these lethal behaviours to reduce the number of deaths of men, their victims, and co-victims (members of their family and close social circles).
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Homicide suicide conjugal, Suicide, Séparation, Violences conjugales, Demande d’aide, Consultation de professionnels
Keywords : Domestic homicide suicide, Suicide, Separation, Domestic violence, Help seeking, Professional consultation
Plan
Vol 184 - N° 3
P. 184-192 - mars 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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