COVID-19 et Maladie de Parkinson : quand l’odorat n’est pas touché de la même manière - 25/03/26

Résumé |
Introduction |
Les troubles olfactifs (ou dysosmies) ont gagné en visibilité lors de la pandémie du COVID-19. Ils sont également reconnus comme des symptômes prodromaux de la maladie de Parkinson idiopathique (MPI).
Objectifs |
Cette étude a pour objectif de comparer les profils olfactifs subjectifs et objectifs chez des patients avec MPI et en post-COVID-19 afin d’identifier des marqueurs discriminants entre ces deux groupes.
Méthodes |
Deux groupes appariés (20 MPI < 3 ans d’évolution, 20 post-COVID avec dysosmies) ont été recrutés en neurologie et ORL. Tous ont réalisé le Sniffin’ Sticks test (seuil, discrimination, identification, score total) et été classés comme normaux, borderline ou pathologiques. Les données sociodémographiques, une EVA olfactive et l’échelle HAD ont été recueillies. Les patients MPI ont aussi complété l’échelle d’apathie de Starkstein, le questionnaire TCSP et le score moteur UPDRS-III.
Résultats |
Les patients avec MPI présentaient une discrimination (1,6 ± 0,36 vs 0,8 ± 0,36, p = 0,009) et un score total (1,7 ± 0,36 vs 0,9 ± 0,36, p = 0,014) plus altérés, tandis que les patients post-COVID-19 rapportaient davantage de plaintes subjectives et de troubles qualitatifs (parosmie, phantosmie). L’association de l’EVA avec la discrimination ou le score total permettait de distinguer de manière fiable les deux groupes. Chez les patients MPI, la performance olfactive était corrélée à l’âge ( r = −0,77, p < 0,001), à la durée de la maladie ( r = 0,46, p = 0,041), au score UPDRS-III ( r = 0,71, p < 0,001), aux TCSP ( r = 0,53, p = 0,017), à l’anxiété ( r = 0,51, p = 0,020) et à l’apathie ( p = 0,0109)
Discussion |
Les profils olfactifs diffèrent nettement : neurodégénérescence dans la MPI versus atteinte mucosale régénérative post-COVID. Dans la MPI, les liens entre olfaction et paramètres cliniques confirment sa valeur de marqueur évolutif. À l’inverse, parosmies/phantosmies et concordance subjective-objective post-COVID évoquent une reconstruction olfactive. L’imagerie TEP-FDG (littérature) montre une atteinte diffuse dans la MPI et surtout fronto-limbique après COVID.
Conclusion |
Les patients MPI et post-COVID présentent des profils olfactifs distincts. Intégrer la rééducation olfactive en orthophonie pourrait améliorer les fonctions cognitives et comportementales des patients MPI.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Covid-19, Parkinson, Prodromal
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