Histoire naturelle de l’allergie alimentaire au poisson - 03/04/26
, C. Beauvillain 2, A. Mear 3, A. Hoppe 1, V. Lemeunier 3, L. Guyot 1, C. Charpentier-Saliou 1, B. Luet-Gautier 1, B. Nicolie 1, J.M. Leclere 1, A. Kuehn 4, M. Morisset 1Résumé |
Prérequis/Contexte |
La prévalence de l’allergie au poisson est estimée à environ 0,45 % des allergies alimentaires et varie en fonction des habitudes alimentaires de chaque pays. Cette allergie est considérée comme persistante, avec une prise en charge consistant en l’éviction de toutes les espèces de poisson. Cependant, de récentes études tendent à montrer la tolérance de quelques espèces chez certains patients.
Objectifs |
L’objectif principal est d’évaluer le taux de guérison spontanée, ainsi que le profil clinicobiologique des patients guéris.
Méthodes |
Il s’agit d’une étude observationnelle, rétrospective et multicentrique menée dans deux services d’allergologie des Pays de la Loire, le CHU d’Angers et CH du Mans.
Résultats/Discussions |
La cohorte ECAILLE compte 185 patients dont 34 % ont guéri spontanément de leur allergie au poisson. Cette cohorte est composée majoritairement de sujets masculins (70 %), atopiques, polysensibilisés à plusieurs espèces de poisson et ayant présenté leur première réaction dans la petite enfance (âge médian : 3 ans).
Les patients guéris n’ont pas de réaction clinique moins grave au départ, mais leurs IgE spécifiques et prick-tests pour l’espèce index de la réaction sont d’emblée inférieurs à ceux dont l’allergie persiste. Le syndrome poulet-poisson, observé chez 42 patients, semble associé à un meilleur pronostic de guérison (40 %). Ce tableau est souvent associé à une allergie aux légumineuses, ainsi qu’à une œsophagite à éosinophiles.
Parmi les patients présentant une allergie persistante, 61 % tolèrent au moins une autre espèce et il s’agit principalement du thon (88 %).
Conclusion |
L’allergie au poisson semble pouvoir guérir spontanément, et la tolérance d’une ou plusieurs espèces de poisson est souvent observée, incitant à réévaluer régulièrement et à valider la tolérance par un test de provocation orale à plusieurs espèces. Par ailleurs, certains tableaux singuliers, comme l’association d’allergies poulet–poisson–légumineuses et l’œsophagite à éosinophiles, incitent à développer des investigations biomoléculaires et cellulaires pour une meilleure compréhension physiopathologique.
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Vol 66 - N° S
Article 104822- avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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