Rash cutanéo-muqueux induit par le méthotrexate : distinguer toxicité et hypersensibilité - 03/04/26
, L. El Yamani 1, O. Hormi 1, N. Haddar 1, N. Zerrouki 1, 2, N. Zizi 1, 2Résumé |
Prérequis/Contexte |
Le méthotrexate (MTX) est largement utilisé pour les tumeurs trophoblastiques gestationnelles à faible risque. Bien toléré, il peut exceptionnellement provoquer des lésions cutanéo-muqueuses sévères pouvant mimer une hypersensibilité médicamenteuse.
Objectifs |
Décrire les manifestations cutanéo-muqueuses induites par le méthotrexate et leur rôle précoce comme signal de myélotoxicité et mettre en évidence l’importance du diagnostic différentiel avec une hypersensibilité médicamenteuse.
Méthodes |
Nous rapportons le cas d’une patiente de 36 ans, suivie pour une tumeur trophoblastique gestationnelle à faible risque et traitée par méthotrexate, avec surveillance clinique et biologique pour suivre l’évolution et écarter une réaction allergique.
Résultats/Discussions |
La patiente a reçu une monothérapie par méthotrexate à faible dose : 1 mg/kg IM (60 mg) un jour sur deux, pour un total de 240 mg sur 8 jours, associée à de l’acide folique 10 mg un jour sur deux. Six jours après le début du traitement, elle a présenté des lésions ulcéro-érosives cutanées et muqueuses touchant la muqueuse buccale et génitale, le dos, les bras et les fesses, entraînant douleur et gêne pour l’alimentation et la parole. La biopsie cutanée a révélé une nécrose kératinocytaire focale, un clivage dermo-épidermique et un infiltrat lymphoplasmocytaire avec quelques polynucléaires éosinophiles. La surveillance biologique a montré l’apparition d’une pancytopénie : hémoglobine 10 g/dL, neutrophiles 710/mm 3 , plaquettes 55 000/mm 3 , globules blancs 1570/mm 3 . Aucun signe clinique ou biologique d’hypersensibilité n’a été observé, notamment pas d’hyperéosinophilie, confirmant la nature toxique des lésions. L’arrêt immédiat du méthotrexate et le maintien de l’acide folique ont permis une résolution progressive des lésions et une normalisation de la numération sanguine. À un mois, seules des hyperpigmentations post-inflammatoires résiduelles persistaient, sans récidive.
Conclusion |
Le rash cutanéo-muqueux sous méthotrexate peut révéler une myélotoxicité sévère tout en mimant une hypersensibilité médicamenteuse. La reconnaissance précoce et le diagnostic différentiel sont essentiels pour adapter la prise en charge et prévenir les complications graves.
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Vol 66 - N° S
Article 104928- avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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