Difficile d’en croire ses yeux : double allergie de contact aux collyres ophtalmologiques post chirurgie de la cataracte - 03/04/26
Résumé |
Prérequis/Contexte |
Les allergies de contact aux collyres ophtalmologiques sont rares. Les allergènes les plus prévalents sont les aminosides, en particulier la néomycine et la tobramycine, suivis des corticostéroides. Les manifestations cliniques se présentent généralement par un eczéma des paupières, tandis qu’une atteinte de la conjonctive est plus rare.
Un patient de 77 ans avait présenté le soir même de sa chirurgie de cataracte de l’œil gauche un prurit diffus, suivi le lendemain d’un œdème palpébral et d’une hyperhémie de l’œil opéré. De l’oxybuprocaïne et de la tétracaïne avaient été utilisés comme anesthésiants locaux le jour de l’intervention. Le lendemain, l’indocollyre (indométacine) et tobradex (dexamethasone/tobramycine) avaient été débutés, mais suspendus 2 jours après du fait de la symptomatologie présentée. La réaction a duré 2 à 3 semaines, sans prise en charge particulière.
Objectifs |
Nous avons cherché à diagnostiquer une hypersensibilité retardée aux collyres.
Méthodes |
Dans un premier temps, les tests cutanés à lecture retardée révélaient une négativité des IDR (10-4) et des patch tests (PT) pour les anesthésiants locaux (oxybuprocaïne, tétracaïne) et l’indométacine. À l’inverse, la dexamethasone était positive en IDR pure [0,4 mg/mL] et PT à 72 h. Le tobradex était positif en PT à 72 h, et en ROAT test à 10 jours, avec une IDR 10-4 négative. Une sensibilisation croisée avec la néomycine a été mise en évidence avec le PT de la Batterie Standard Européenne.
Résultats/Discussions Des explorations complémentaires ont permis de confirmer une double allergie aux familles des :
– aminosides : PT positif à 72 h pour l’amikacine et IDR pure positive à 72 h pour la gentamycine [4 mg/mL],
– corticoïdes : IDR pure et PT positifs à 72 h et 7j pour la bétaméthasone contenue dans le Célestène® [4 mg/mL] et le Diprostène® [7 mg/mL], et la méthylprednisolone [5 mg/mL].
Devant des tests négatifs, la prednisolone ainsi que l’azythro mycine ont pu être réintroduits sans réaction. La classe des aminosides a été contre indiquée.
Conclusion |
Nous décrivons un cas original d’allergie de contact aux collyres survenue dès leur première utilisation avec sensibilisations croisées au sein de deux familles différentes, les aminosides et les corticoïdes.
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Vol 66 - N° S
Article 104908- avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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