ÉPIDERMAPS-COVID : étude de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur les consultations en dermato allergologie professionnelle des personnels de santé - 03/04/26
, J. Benoist 1, M.N. Crépy 2, L. Bensefa-Colas 2, M.T. Le Cam 1Résumé |
Prérequis/Contexte |
La pandémie de COVID-19 a modifié l’exposition des personnels de santé (PS) aux équipements de protection individuelle (EPI), avec un impact potentiel sur les dermatoses professionnelles.
Objectifs |
Comparer la proportion de consultations en dermato-allergologie professionnelle des PS vs. non-PS avant et après la pandémie, décrire les dermatoses observées, estimer la prévalence de la dermatite de contact allergique professionnelle (DCAP) et identifier les allergènes en cause.
Méthodes |
ÉPIDERMAPS-COVID est une étude multicentrique, observationnelle et rétrospective menée au CHI de Créteil et à l’Hôtel-Dieu (Paris), incluant toutes les nouvelles consultations des PS pour motif dermato-allergologique professionnel entre mars 2017 et mars 2023. Les analyses ont été réalisées avec EasyMedStat.
Résultats/Discussions |
Parmi les 341 PS inclus (88,6 % de femmes), la proportion de consultations PS/non-PS a presque doublé après la pandémie (21,76 % vs. 43,04 % ; p = 3,31 × 10 −8 ). La dermatite de contact irritative (DCI) prédominait avant et après la pandémie. La DCAP, la dyshidrose et l’urticaire étaient plus fréquentes avant la pandémie, tandis que la dermatite atopique active aggravée par le travail était plus fréquente après. Les dermatoses du visage ont significativement augmenté (12,2 % vs. 22,3 % ; p = 0,036). La prévalence globale de la DCAP était de 20,5 %, significativement plus élevée avant la pandémie (26,9 % vs. 14,12 % ; p = 0,005). Les facteurs de risque indépendants de DCAP étaient : atteinte des mains (OR = 3,51 [1,27–9,66]), profession de médecin (OR = 4,52 [1,57–12,99]) ou de dentiste/prothésiste/assistant dentaire (OR = 5,29 [1,56–17,95]). Les allergènes principaux étaient : thiuram mix, fragrance mix I, hydroperoxydes de linalol et de limonène, baume du Pérou, méthylisothiazolinone/méthylchloroisothiazolinone, avec baisse de sensibilisation à la MIT après la réglementation européenne de 2017.
Conclusion |
Cette étude, la plus vaste en France sur ce sujet, montre l’impact majeur de la pandémie de COVID-19 sur les dermatoses professionnelles des PS et souligne la nécessité de renforcer prévention, diagnostic précoce et régulation des expositions cutanées professionnelles.
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Vol 66 - N° S
Article 104789- avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
