Les infections neuroméningées associées aux soins liées aux dérivations ventriculaires externes - 07/04/26
External ventricular drain-associated infections
, Alexia Chauzy 1, Claire Dahyot-Fizelier 1, 3Résumé |
Les infections neuroméningées associées aux soins (INMAS) surviennent généralement après une procédure invasive. En réanimation, les infections associées aux dérivations ventriculaires externes sont les plus fréquentes et peuvent se compliquer de ventriculites, pourvoyeuses d’une morbi-mortalité élevée. Les micro-organismes de la flore cutanée, tels que les Staphylocoques à coagulase négative, sont les plus fréquemment responsables, et les bactéries à Gram négatif (BGN) dans 1/3 des cas. Une contamination lors de la pose ou une colonisation du dispositif secondaire à des manipulations répétées représentent les mécanismes de survenue. Les signes cliniques, cytologiques et biochimiques sont aspécifiques dans les INMAS. Leur diagnostic multifactoriel repose sur l’isolement en culture du micro-organisme responsable, pourtant négatif dans 50 % des cas du fait d’une antibiothérapie préalable fréquente. Pourtant, la détermination de la concentration minimale inhibitrice (CMI) est primordiale pour optimiser secondairement le traitement anti-infectieux. Le traitement probabiliste repose sur l’association d’un antibiotique anti-staphylococcique et anti-BGN à large spectre en intraveineux, mais les barrières cérébrales limitent la diffusion dans le liquide cérébrospinal (LCS) de nombreux anti-infectieux. En cas d’échec ou de bactérie résistante, le recours à la voie intraventriculaire d’antibiotiques à spectre thérapeutique étroit est recommandé, visant des concentrations cibles dans le LCS de 10 à 20 fois la CMI du germe causal. Dans ces infections difficiles à traiter, l’importante variabilité pharmacocinétique des patients de réanimation et la diffusion limitée dans le LCS justifient le suivi thérapeutique pharmacologique, idéalement dans le LCS, afin d’adapter au mieux les traitements anti-infectieux.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Healthcare-associated neuro-meningeal infections (HANMI) generally occur after an invasive procedure. In intensive care, infections associated with external ventricular drains are the most common and can be complicated by ventriculitis, which is associated with high morbidity and mortality. Microorganisms from the skin flora, such as coagulase-negative Staphylococci, are the most common cause, with Gram-negative bacteria (GNB) responsible for 1/3 of cases. Contamination during insertion or colonization of the device secondary to repeated manipulation is the mechanism of occurrence. The clinical, cytological, and biochemical signs are nonspecific in HANMI. Diagnosis is multifactorial and relies on the isolation of the responsible microorganism in culture, which is negative in 50% of cases due to frequent prior antibiotic therapy. However, determining the minimum inhibitory concentration (MIC) is essential for optimizing secondary anti-infective treatment. Probabilistic treatment is based on the combination of an anti-staphylococcal antibiotic and a broad-spectrum anti-GNB antibiotic administered intravenously, but the cerebral barriers limit the diffusion of many anti-infective agents into the CSF. In cases of failure or resistant bacteria, the use of narrow-spectrum antibiotics administered intraventricularly is recommended, targeting concentrations in the CSF 10 to 20 times the MIC of the causative organism. In these difficult-to-treat infections, the significant pharmacokinetic variability of intensive care patients and limited diffusion in the CSF justify therapeutic drug monitoring, ideally in the CSF, in order to best adapt anti-infective treatments.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Infections neuroméningées associées aux soins, Dérivation ventriculaire externe, Liquide cérébrospinal
Keywords : Healthcare-associated neuro-meningeal infections, External ventricular drain, Cerebrospinal fluid
Plan
Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
