Chemsex et usages sexualisés de drogues : définitions, principaux chiffres et principales substances utilisées - 15/04/26
Chemsex and sexualized drug use: Definitions, main data, and main substances used
, Yann Botrel d, Hélène Donnadieu e, f, gRésumé |
Les usages sexualisés de drogues (USD) sont définis comme l’usage d’une ou de plusieurs substances psychoactives pour faciliter, améliorer ou prolonger un rapport sexuel. Le chemsex désigne un sous-type particulier d’USD historiquement issu de la communauté des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), avec des déterminants culturels, communautaires et sanitaires spécifiques, notamment en lien avec le VIH et les applications de rencontre. En France, environ 13–14 % des HSH déclarent des pratiques de chemsex, avec des niveaux élevés de comportements sexuels à risque et de prévalence du VIH, particulièrement chez les personnes demandant un accompagnement addictologique. Le chemsex repose principalement sur l’usage de psychostimulants (cathinones, méthamphétamine, MDMA et cocaïne) et de sédatifs de synthèse (GHB/GBL, kétamine), recherchés pour leurs effets de désinhibition, d’endurance, d’intensification sensorielle et de facilitation relationnelle. Ces substances exposent toutefois à des risques majeurs : surdoses, dépendances sévères, troubles psychiatriques, amnésies, pertes de contrôle et complications somatiques. D’autres produits, comme l’alcool, le cannabis, les poppers ou les inhibiteurs de la phosphodiestérase 5, jouent un rôle adjuvant souvent sous-estimé. Au-delà du chemsex, les USD concernent des populations beaucoup plus hétérogènes, incluant femmes et personnes non-HSH, mais restent encore peu étudiés. L’évolution des pratiques et la diffusion de certaines substances hors du cadre communautaire HSH soulignent la nécessité d’adapter les stratégies de prévention, de réduction des risques et de soins aux réalités actuelles des usages.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Sexualized drug use (SDU) and chemsex are defined by using one or several psychoactive substances for fostering, improving, or prolonging sexual intercourses. Chemsex represents a specific subtype of SDU historically rooted in the community of men who have sex with men (MSM), shaped by distinct cultural, community, and health factors, particularly related to HIV and the use of dating apps. In France, approximately 13–14% of MSM report chemsex practices, with high levels of sexual risk-taking and HIV prevalence, especially among those seeking addiction care. Chemsex primarily involves psychostimulants (cathinones, methamphetamine, MDMA, cocaine) and synthetic sedatives (GHB/GBL, ketamine), used to enhance disinhibition, endurance, sensory intensity, and social or sexual facilitation. These substances carry substantial risks, including overdose, severe dependence, psychiatric symptoms, amnesia, loss of control, and physical complications. Other substances – such as alcohol, cannabis, poppers, and phosphodiesterase-5 inhibitors – often play an underestimated adjunctive role. Beyond chemsex, SDU encompasses far more heterogeneous populations, including women and non-MSM individuals, but remains poorly documented epidemiologically. The spread of substances traditionally associated with chemsex into non-MSM settings, alongside the frequent involvement of “non-chemsex” drugs, highlights the need for prevention, harm reduction, and care strategies that reflect the evolving realities of sexualized substance use.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Chemsex, Cathinones, Cocaïne, Métamphétamine, GHB, Kétamine
Keywords : Chemsex, Cathinones, Cocaine, Methamphetamine, GHB, Ketamine
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