Les biomarqueurs des pathologies de la surface oculaire « au lit du malade », ou « point of care » : approches actuelles et perspectives - 16/04/26
Point-of-care biomarkers of ocular surface disease: current approaches and future perspectives
Résumé |
Le syndrome de l’œil sec est une pathologie multifactorielle fréquente qui altère significativement la qualité de vie des patients. En pratique clinique, les outils diagnostiques classiques tels que le test de Schirmer, le break-up time (BUT) ou les colorations de la surface oculaire montrent une faible corrélation entre les signes cliniques observés et les symptômes rapportés. Dans ce contexte, les biomarqueurs accessibles en consultation, dits « point of care » (POC), constituent une réelle avancée en permettant une évaluation objective, reproductible et rapide des anomalies de la surface oculaire. Parmi ces biomarqueurs, la lactoferrine est un indicateur du déficit aqueux, et peut être mesurée en consultation via le TearScan Lactoferrin Test® (Advanced Tear Diagnostics (ATD), Birmingham, Alabama, États-Unis) ou le test Lactoplate® (Department of Ophthalmology, University of Nijmegen, Nijmegen, Pays-Bas). La métalloprotéinase MMP-9 est une enzyme pro-inflammatoire surexprimée dans les formes modérées à sévères de sécheresse oculaire, détectable grâce au test POC InflammaDry®). Un troisième test utilisable en pratique clinique est la mesure de l’osmolarité lacrymale, qui reflète l’homéostasie du film lacrymal ; sa mesure par le dispositif TearLab® (TearLab Corporation, San Diego, Californie, États-Unis) ou ScoutPro® Osmolarity System (Trukera Medical, Inc., Southlake, Texas, États-Unis) est utile tant pour le diagnostic que pour le suivi thérapeutique. D’autres biomarqueurs sont actuellement disponibles en recherche, comme HLA-DR (Human Leukocyte Antigen – DR isotype), ICAM-1 (Intercellular Adhesion Molecule 1), les cytokines inflammatoires, la lipocaline-1 ou la mucine soluble dépendante du gène MUC5AC (Mucin 5 subtype AC). Bien qu’ils offrent un intérêt diagnostique ou pronostique certain, leur dosage repose sur des méthodes complexes limitant leur utilisation à des laboratoires spécialisés. Les innovations technologiques en cours visent à miniaturiser les dispositifs, développer des tests multiplex capables d’analyser simultanément plusieurs biomarqueurs, et intégrer l’intelligence artificielle pour affiner l’interprétation. L’ensemble de ces évolutions contribue à une meilleure caractérisation des phénotypes du syndrome sec et à une prise en charge plus personnalisée en consultation.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Dry eye disease is a common multifactorial condition that significantly impairs patients’ quality of life. In clinical practice, conventional diagnostic tools such as the Schirmer test, tear break-up time (TBUT), and ocular surface staining show poor correlation between clinical signs and patient-reported symptoms. In this context, point-of-care (POC) biomarkers represent a major advance by enabling objective, reproducible, rapid assessment of ocular surface abnormalities during routine visits. Among these biomarkers, lactoferrin reflects aqueous tear deficiency and can be measured in the clinic using the TearScan Lactoferrin Test® (Advanced Tear Diagnostics (ATD), Birmingham, Alabama, USA) or the Lactoplate® test (Department of Ophthalmology, University of Nijmegen, Nijmegen, The Netherlands). Matrix metalloproteinase-9 (MMP-9) is a pro-inflammatory enzyme overexpressed in moderate to severe dry eye disease and can be detected using the InflammaDry® POC test. Another clinically available test is tear osmolarity measurement, which reflects tear film homeostasis; assessment using the TearLab® system (TearLab Corporation, San Diego, California, USA) or the ScoutPro® Osmolarity System (Trukera Medical, Inc., Southlake, Texas, USA) is valuable for both diagnosis and therapeutic monitoring.Additional biomarkers currently being investigated in research settings include HLA-DR (Human Leukocyte Antigen–DR isotype), ICAM-1 (Intercellular Adhesion Molecule 1), inflammatory cytokines, lipocalin-1, and soluble mucin encoded by the MUC5AC gene (Mucin 5 subtype AC). Although these markers provide important diagnostic and prognostic insights, their measurement relies on complex laboratory techniques, limiting routine clinical use. Ongoing technological innovations aim to miniaturize diagnostic devices, develop multiplex assays capable of simultaneously analyzing multiple biomarkers, and integrate artificial intelligence to enhance data interpretation. Collectively, these advances contribute to improved phenotyping of dry eye disease and support more personalized management strategies in clinical practice.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mot-clés : Surface oculaire, Troubles de la surface oculaire, Sécheresse oculaire, Biomarqueurs, Tests point of care
Keywords : Ocular surface, Ocular surface disorders, Dry eye disease, Biomarkers, Point-of-care testing
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