Analyse détaillée des FDS et la métrologie indicative : des outils complémentaires pour le suivi médical et pour la priorisation des investissements en prévention - 13/05/26
Detailed analysis of Safety Data Sheets and indicative metrology: Complementary tools for medical monitoring and the prioritization of prevention investments
Résumé |
L’entreprise VIORIK, spécialisée dans la fabrication de pièces métalliques par forge, usinage, sablage et peinture automatique, a sollicité le SPSTi pour l’aider à analyser et prévenir les risques liés aux poussières et aux fumées métalliques. Souhaitant orienter ses investissements en prévention, une première visite a été réalisée par un ingénieur en risques chimiques afin de mieux comprendre les besoins et l’activité de l’entreprise. Cette visite a inclus un repérage des produits, une analyse des activités réelles ainsi que des mesures de métrologie indicative (poussières, gaz/vapeurs). Ces analyses ont révélé que l’activité peinture exposait les travailleurs à des produits bien plus dangereux que les poussières/fumées émis par la forge, l’usinage et le sablage. Toutefois, l’employeur n’a pas été réceptif à la suggestion de prioriser les investissements sur la prévention des risques liés à la peinture. Pour étayer son analyse, l’ingénieur a procédé à une étude approfondie des fiches de données de sécurité (FDS) de tous les produits. L’analyse a révélé que l’ensemble des 33 produits utilisés en peinture étaient dangereux pour la santé, notamment par inhalation : 88 % présentaient un effet cancérogène avéré ou suspecté, 6 % contenaient un perturbateur endocrinien, et 29 sur 33 avaient un effet STOT RE (toxicité spécifique sur certains organes cibles). Grâce à cette étude et à une recherche bibliographique complémentaire, l’ingénieur a pu identifier les types de cancers et les organes cibles potentiellement affectés. Ces informations ont permis au médecin du travail d’adapter le suivi médical des salariés concernés. En combinant les données issues de l’analyse des FDS et les résultats de la métrologie des polluants, l’ingénieur a finalement réussi à convaincre l’employeur de la nécessité de prioriser la prévention des risques liés à l’activité peinture. Un plan d’action a été élaboré en collaboration avec le SPSTi, aboutissant à 24 mesures de prévention. Les actions à court et moyen terme, incluant la substitution de certains produits, le renforcement des équipements de protection individuelle (EPI) et la sensibilisation des salariés, ont d’ores et déjà été mises en place par l’employeur.
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Vol 87 - N° 2
Article 103079- avril 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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