Intérêt d'un 18FDG-PET-CT systématique chez les patients atteints de bactériémie à Staphylococcus aureus: résultats de l'essai randomisé TEPSTAR. - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La détection des foyers infectieux profonds est nécessaire pour la prise en soin optimale des patients présentant une bactériémie à Staphylococcus aureus (BSA). En l'absence d'étude randomisée, la place du 18 FDG-PET-CT dans cette indication est sujette à controverses.
Matériels et méthodes |
TEPSTAR, un essai de supériorité, a été conduit dans 16 hôpitaux en France entre 2018 et 2024. Les patients atteints de BSA sans endocardite identifiée à l'inclusion (échocardiographie guidée par le score VIRSTA) ont été randomisés soit dans le bras A ( 18 FDG-PET-CT systématique avant J14 après la première hémoculture positive) soit dans le bras B (explorations usuelles sans 18 FDG-PET-CT). Le critère de jugement principal était la proportion de patients chez qui un foyer infectieux profond était diagnostiqué avant J14 selon l'avis d'un comité de validation indépendant. Les patients étaient suivis six mois après la première hémoculture positive.
Résultats |
La population analysée comprenait 277 patients (hommes 74 %, âge médian 67 ans). La BSA était communautaire dans 60% des cas. La proportion de patients ayant été hospitalisés en réanimation ou soins intensifs était de 14%. Dans le bras A, le 18 FDG-PET-CT a été réalisé en médiane 11 jours après la première hémoculture positive.
À J14, dans le bras A la proportion de patients ayant au moins un foyer profond détecté était supérieure à celle observée dans le bras B: 116/136 (85%) vs 97/141 (69%), OR = 2,63 (IC 95% = 1,45-4,76), p<0,01. En analyse en sous-groupes, la supériorité était aussi établie chez les patients sans foyer évident à l'inclusion (77% vs 47%, p<0,01), chez ceux dont l'origine de l'infection était nosocomiale ou liée aux soins (77% vs 51%, p< 0,01), chez ceux porteurs de matériels (85% vs 63%, p=0,03) ou chez ceux ne portant pas de matériel (86% vs 71%, p=0,01). Chez les patients ayant au moins un foyer infectieux, le nombre médian de foyers diagnostiqués avant J14 était de 1,5 (min=1; max=9) dans le bras A et de 1,0 (min=1; max=8) dans le bras B (p= 0,10). La rentabilité diagnostique du 18 FDG-PET-CT était plus importante pour mettre en évidence les abcès musculaires, les arthrites natives et les spondylodiscites mais pas les arthrites sur prothèse ni les thrombophlébites septiques. Deux endocardites ont été révélées par le 18 FDG-PET-CT.
Une lésion présumée non liée à la BSA a été mise en évidence par le 18 FDG-PET-CT chez 37 patients (29%) du bras A, entraînant le diagnostic d'une maladie nécessitant des explorations ou un traitement chez 9 d'entre eux.
À 6 mois les bras A et B étaient comparables en termes de taux de rechute de la BSA (6% vs 10%, p=0,50) et de survie (91% vs 95%, p=0,31).
Conclusion |
Le 18 FDG-PET-CT réalisé de façon systématique avant J14 chez les patients atteints de BSA permet d'améliorer la détection des localisations infectieuses profondes, particulièrement chez ceux dont la bactériémie était initialement considérée comme non compliquée. Toutefois, cet apport du 18 FDG-PET-CT ne semble pas avoir d'impact en termes de rechute ou de survie.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S1-S2 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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