Implémentation des recommandations 2024 concernant le bilan de santé chez les patientes primo-arrivantes = exemple de la sérologie HTLV-1 à l'échelle d'un centre hospitalier - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La recommandation SPILF/SFP/SFLS sur le bilan de santé à réaliser chez toute personne migrante primo-arrivante, parue en juin 2024, préconise la réalisation d'une sérologie HTLV-1 chez les femmes en âge de procréer originaires de zone d'endémie (Afrique subsaharienne, Amérique latine et Caraïbes, Japon). L'enjeu de ce dépistage est de mettre en oeuvre le principal levier de prévention de la transmission verticale, à savoir la suppression de l'allaitement maternel. L'objectif de ce travail était de mesurer l'impact des nouvelles recommandations à l'échelle d'un centre hospitalier de Seine-Saint-Denis accueillant un grand nombre de patientes originaires de zone d'endémie, et d'actualiser les données françaises de séroprévalence dans cette population.
Matériels et méthodes |
La nouvelle recommandation a été diffusée dans les services de gynéco-obstétrique, médecine interne et polyvalente, pneumologie et infectiologie, entre octobre 24 et janvier 25, au cours de staffs dédiés. Les sérologies ont été réalisées par technique d'immuno-chimiluminescence (Automate Liaison XL DIASORIN), avec confirmation systématique par Western Blot des sérologies positives (WB BIORAD). Ont été exclues de l'analyse les sérologies réalisées chez les hommes, ainsi que chez les femmes de moins de 15 ans et de plus de 45 ans. La période « pré-recommandation » (du 01/02/2024 au 01/10/2024) a été comparée à la période « post-recommandation » (du 02/10/2024 au 31/12/2025). La séroprévalence a été mesurée sur la période « post-recommandation ».
Résultats |
Au cours de la période suivant la diffusion de la recommandation, une moyenne de 133 sérologies par mois ont été réalisées parmi les patientes enceintes ou en âge de procréer prises en soins dans notre centre (sans précision sur leur pays de naissance ni leur date d'arrivée en France), contre 5,8/mois sur la période pré-recommandation. Cette forte hausse s'est accompagnée d'une internalisation de la technique au sein du laboratoire de l'hôpital, afin d'absorber plus facilement la demande.
Parmi les 1997 sérologies réalisées en période post-recommandation, 12 étaient positives, dont 5 ont été confirmées en Western Blot, soit une séroprévalence à 0,25% et un taux de faux-positifs à 58%.
Les 5 patientes dépistées positives étaient originaires du Mali (3), de Guinée (1), et de France métropolitaine (1). Aucune n'avait connaissance de son statut HTLV. Lorsqu'elle était réalisée, la PCR HTLV-1 était toujours positive (4/4). Toutes les patientes ont accepté un allaitement artificiel après explication sur les modes de transmission et d'évolution de l'infection.
Conclusion |
La recommandation de dépistage HTLV-1 a été fortement suivie à l'échelle de notre centre, probablement bien au-delà de la population des patientes primo-arrivantes. La séroprévalence à 0,25%, de l'ordre de celle rapportée dans les publications antérieures concernant les femmes enceintes en France métropolitaine, interroge sur la pertinence d'un dépistage systématique sur notre bassin de population.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S119-S120 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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