Six versus douze semaines d'antibiothérapie après changement en un temps pour les infections chroniques de prothèses de genou: étude de cohorte avec ajustement par score de propension. - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Au cours de la prise en charge des infections chroniques de prothèses de genou (IPTG), le changement prothétique en un temps est devenu une stratégie de plus en plus fréquente. Cependant, la durée optimale de l'antibiothérapie postopératoire reste débattue. Un traitement prolongé de 12 semaines est généralement préconisé, mais quelques études plus récentes montrent des évolutions satisfaisantes avec un traitement plus court de 6 semaines.
L'objectif était de comparer l'efficacité d'un traitement de 6 semaines versus 12 semaines après un changement en un temps pour IPTG.
Matériels et méthodes |
Nous avons mené une étude de cohorte prospective monocentrique incluant des patients traités pour IPTG chronique par changement en un temps entre 2012 et 2021 dans un CRIOAC. En avril 2017, les protocoles d'antibiothérapie du centre ont évolué: la durée du traitement après changement en un temps a été raccourcie de 12 à 6 semaines pour tous les patients, sauf ceux ayant des critères de complexité importante (patients multi-opérés pour une infection de prothèse, l'immunosuppression sévère, les patients présentant un os radique ou une ostéite très étendue).
Tous les patients présentant une IPTG chronique traitée par un changement en un temps et une antibiothérapie curative de 6 (±1) ou 12 (±1) semaines ont été inclus.
Pour pallier le biais d'assignation lié au changement de pratique temporel, une analyse par score de propension avec pondération par l'inverse de la probabilité de traitement (IPTW) a été réalisée. Les groupes ont été équilibrés sur les principales caractéristiques cliniques et démographiques (âge, sexe, immunodépression, score ASA et nombre d'interventions chirurgicales antérieures sur l'articulation concernée).
Le critère de jugement principal était la survie sans évènement (rechute, nouvelle infection ou décès) à 2 ans.
Résultats |
Cent-vingt patients ont été inclus (60 traités pendant 6 semaines, 60 pendant 12 semaines). Soixante-dix-neuf patients (66%) étaient des hommes. L'âge médian était de 72 [65-79] ans et le suivi médian de 5.09 [3.97 – 6.43] ans.
Au total, 5 décès (4%) et 13 évènements septiques (11%) comprenant 2 rechutes (2%) et 11 (9%) nouvelles infections sont survenues dans les 2 ans. La survenue d'évènements septiques et la mortalité à 2 ans étaient comparables entre 6 et 12 semaines de traitement: 7 (12%) vs 6 (10%) et 1 (1.7%) vs 4 (6.7%) respectivement. Après ajustement par score de propension (IPTW), il n'existait pas de différence significative de survie sans évènement à 2 ans entre le groupe 6 semaines et le groupe 12 semaines (HR = 0,81 [0,29 - 2,12]; p = 0,70).
Conclusion |
Cette étude apporte des arguments supplémentaires importants en faveur d'une antibiothérapie plus courte de 6 semaines après un changement de PTG en un temps pour infection chronique, sans critères de complexité importante.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S12 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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