Impact du relais oral dans le traitement des endocardites infectieuses chez les transplantés d'organe et les greffés de cellules souches: étude de cohorte rétrospective multicentrique - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
L'endocardite infectieuse (EI) est une infection grave, encore peu étudiée chez les patients transplantés. Le relais par voie orale après dix jours d'antibiothérapie intraveineuse, validé par l'étude POET, excluait les patients immunodéprimés, et son impact pronostique dans cette population demeure incertain. L'objectif principal de cette étude était de comparer la mortalité des patients transplantés d'organe solide (TOS) ou greffés de cellules souches (GCSH) atteints d'EI ayant bénéficié d'un relais oral à celle des patients non relayés.
Matériels et méthodes |
Une étude de cohorte rétrospective multicentrique a été réalisée entre 2007 et 2023, incluant tous les patients adultes TOS ou GCSH atteint d'EI. Les endocardites fongiques et les endocardites à hémocultures négatives (n = 26) ont été exclues. Le pronostic des patients ayant reçu une antibiothérapie IV exclusive a été comparé à celui de ceux ayant eu un relai PO.
Résultats |
Deux cent trente-six patients ont été inclus, dont 40 (17 %) ont bénéficié d'un relais par voie orale (PO). La majorité étaient transplantés rénaux (28/40) ou hépatiques (6/40), et 2 étaient greffés de cellules souches hématopoïétiques. La durée médiane totale d'antibiothérapie était de 52 jours [40–87]: 25 [14–38] jours IV et 26 [14–46] jours PO. Les EI touchaient majoritairement des valves natives (28/40), essentiellement aortiques (19/40) et mitrales (13/40). Les germes principaux étaient les staphylocoques à coagulase négative (11/40), S. aureus (7/40) et les streptocoques (6/40). Une bithérapie orale a été utilisée chez 12 patients, les antibiotiques les plus fréquents étant fluoroquinolones (15/40), linézolide (10/40) et amoxicilline (9/40). La rifampicine a été prescrite chez 8 patients. Les patients relayés PO étaient comparables à ceux traités exclusivement en IV en termes d'âge (64 [56–70] vs 68 [58–72] ans, p=0,11), sexe féminin (32 % vs 20 %, p=0,2) et score de Charlson (6 [3–9] vs 6 [5–7], p > 0,9). Les caractéristiques de l'EI ne différaient pas entre les groupes, notamment la présence de végétations > 10 gt; 10 mm (29 % vs 18 %, p = 0,2), les complications neurologiques (17 % vs 18 %, p > 0,9) et les abcès intracardiaques (13 % vs 15 %, p = 0,9). Le recours à une USC (53 % vs 53 %, p > 0,9), l'indication chirurgicale (36 % vs 38 %, p > 0,9) et la réalisation d'une chirurgie (28 % vs 38 %, p = 0,3) étaient aussi comparables. La mortalité à 3 mois (29 % vs 15 %, p=0,10) et à 1 an (39 % vs 30 %, p=0,4) étaient similaires entre les 2 groupes, ainsi que le taux de rechute (4,7 % vs 2,6 %, p=0,9).
Conclusion |
Ces données suggèrent que le relais par voie orale pourrait constituer une option thérapeutique chez ces patients immunodéprimés, sans augmentation apparente de la mortalité et malgré un tableau initial sévère. Bien que ces résultats doivent être interprétés avec prudence, ils apportent un signal encourageant pour des nouvelles stratégies d'antibiothérapies dans cette population.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S14 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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