Bactériémies récidivantes à Campylobacter (CABARET) : une étude rétrospective multicentrique française - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Les bactériémies à Campylobacter spp. (BC) surviennent chez des patients immunodéprimés ou comorbides. Des BC récidivantes ont été exceptionnellement rapportées chez des patients atteints de déficits immunitaires primitifs (DIP) à prédominance humorale. L'objectif de cette étude était de décrire les cas de BC récidivantes.
Matériels et méthodes |
Etude rétrospective, multicentrique (n=74) nationale, observationnelle des cas de BC récidivantes, identifiés suite à un appel à observation. Ont été inclus les patients ayant présenté ≥2 hémocultures positives à Campylobacter à ≥30 j d'intervalle entre 2000 et 2026. Les patients ont été classés en 4 groupes, par immunodépression humorale décroissante: DIP, hémopathie, immunodépression autre ou absence de déficit immunitaire connu. Les caractéristiques des patients, des épisodes de BC, la prise en charge et le pronostic ont été analysés.
Résultats |
Cent-vingt patients (58% d'hommes, âge médian 68 ans) ayant présenté 378 épisodes de BC ont été inclus. Le nombre d'épisodes de BC par patient allait de 2 (n=90, 75%) à plus de 10 épisodes (n=3). Une hypogammaglobulinémie était présente chez 62% (n=62) des patients, avec un déficit profond en immunoglobulines (Ig) A et M. Le principal FDR était un DIP chez 26% (n=29), une hémopathie chez 51% (n=57) et une autre immunodépression chez 14% (n=15) des patients, 10% (n=11) des patients n'avaient aucun déficit immunitaire connu. Les FDR associés comprenaient les hépatopathies (n=27, 24%) et les entéropathies (n=30, 28%). C. fetus, C. jejuni et C. coli étaient isolés dans respectivement 41% (n=105), 36% (n=94) et 22% (n=57) des épisodes de BC. Une localisation secondaire compliquait 23% (n=55) des épisodes. Plus l'immunodépression humorale était profonde, plus C. jejuni et C. coli prédominaient ( p < 0.001), plus le nombre de BC/patient était élevé ( p =0.02), l'intervalle entre 2 épisodes long ( p < 0.001), et la présentation clinique moins sévère, avec moins de localisations secondaires ( p < 0.001). Les épisodes de BC non compliquées ont été traités par monothérapie antibiotique dans 84% (n=142) des cas et 16% (n=28) de ces épisodes étaient associés à un échec thérapeutique (hémoculture positive à ≥7 j de traitement efficace). La mortalité à J30 était faible (3%, 7/278), non reliée à la BC. Des stratégies de prévention des récidives de BC ont été utilisées après 73 épisodes de BC, dont: supplémentation en Ig polyvalentes (n=40), enrichies (n=6) ou non en IgA et IgM, décontamination digestive (n=6) et/ou antibioprophylaxie secondaire (n=25).
Conclusion |
Nous rapportons ici la première cohorte de BC récidivantes. Celles-ci surviennent sur des terrains d'immunodépression plus variés que précédemment rapporté. Les caractéristiques des BC récidivantes varient selon la profondeur de l'immunodépression. Les BC récidivantes sont souvent associées à une maladie hépatique ou digestive, pouvant favoriser la translocation de Campylobacter chez des patients ayant un portage digestif chronique de Campylobacter .
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S14-S15 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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