Borrélioses disséminées chez des patients avec déplétion lymphocytaire B sévère, étude nationale multicentrique - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
En Europe, de rares cas de borrélioses disséminées survenant chez des patients avec une déplétion lymphocytaire B ont été rapportés ces dernières années. Ils étaient causés par des espèces du groupe Lyme ( Bb sl) et par B. miyamotoi (fièvres récurrentes). Les présentations cliniques rapportées étaient atypiques, et le diagnostic compliqué par l'absence de séropositivité. L'étude BORDIMAB a été menée afin de mieux caractériser ces infections.
Matériels et méthodes |
Il s'agit d'une étude descriptive, rétrospective, multicentrique nationale, incluant des patients ayant présenté une borréliose disséminée entre 2020 et 2025, dans les 24 mois suivant l'administration d'un traitement induisant une déplétion lymphocytaire B. Une borréliose disséminée était définie par une bactériémie ou par la mise en évidence, dans un site normalement stérile, d'une Borrelia spp. Les objectifs de l'étude étaient de décrire la présentation clinique de ces infections, d'évaluer les comorbidités, ainsi que les stratégies diagnostiques et les traitements utilisés.
Résultats |
Dix patients ont été inclus. L'âge médian était de 62 ans [38–76] et le sex-ratio de 4/6 H/F. La déplétion lymphocytaire B était liée à un traitement par anti-CD20 chez 9 patients et à une thérapie par cellules CAR-T chez 1 patient. Une lymphopénie B profonde a été objectivée chez 6 patients (< 2/mm 3 ). Les indications des traitements immunosuppresseurs étaient une sclérose en plaques chez 5 patients, un lymphome chez 3 et une maladie de système chez 2.
Les espèces causales appartenaient au groupe Bb sl chez 6/10 patients et à B. miyamotoi chez 4/10.
Sept patients présentaient des manifestations neurologiques: centrales (rhombencéphalite) (6/7), périphériques (1 radiculonévrite). Un patient présentait un syndrome pseudogrippal, un autre une asthénie avec amaigrissement, et un patient une arthrite. Le diagnostic biologique a été établi dans 6 cas par métagénomique shotgun et dans 4 cas par PCR spécifique (sur le LCR 7/10, sang total 2/10, liquide articulaire 1/10). La sérologie Bb sl était négative dans tous les cas testés.Tous les patients ont reçu une antibiothérapie active contre Borrelia : doxycycline dans 8 cas, ceftriaxone dans 1 cas et amoxicilline dans 1 cas. Aucun décès ni rechute n'a été rapporté. Deux patients présentaient des séquelles neurologiques.
Conclusion |
Chez les patients présentant une déplétion lymphocytaire B, l'infection par Borrelia spp. est un diagnostic particulièrement complexe en raison de tableaux cliniques fréquemment atypiques, et de la séronégativité pour Borrelia .
A contrario des patients immunocompétents, les méthodes de diagnostic direct sont très utiles dans ce contexte. En particulier, la métagénomique shotgun permet d'identifier l'agent infectieux en cas d'errance diagnostic.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S15 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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