Accès d'importation à Plasmodium ovale, vivax et malariae chez l'enfant, 2011-2023. - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Les espèces Plasmodium ovale sensu lato, P. malariae et P. vivax sont regroupées sous l'appellation de Plasmodium non falciparum . En raison de leur faible prévalence à l'échelle mondiale et des difficultés liées à leur diagnostic, ces espèces sont peu étudiées, notamment chez les enfants. Avec une situation épidémiologique particulière – ∼ 6000 cas importés chaque année – et l'existence d'un réseau structuré autour du Centre National de Référence du Paludisme (CNRP), la France dispose de données pertinentes pour mieux caractériser les infections pédiatriques à Plasmodium non falciparum .
Matériels et méthodes |
Depuis le CNRP, nous avons inclus tous cas d'accès palustres à Plasmodium non falciparum survenus en France hexagonale chez l'enfant (0-18 ans) entre 2011 et 2023. L'objectif principal était de caractériser et comparer les infections causées par les Plasmodium non falciparum: P. ovale sensu lato, P. vivax et P. malariae . L'objectif secondaire était de comparer ces infections aux infections à P. falciparum .
Résultats |
Parmi les 30 626 cas déclarés au CNRP durant la période d'étude, 548 répondaient aux critères d'inclusion, soit 11,7 % des infections palustres pédiatriques. La répartition par espèce était la suivante: 284 cas (51,8 %) à P. ovale sensu lato , 111 cas (20,3 %) à P. vivax et 153 cas (27,9 %) à P. malariae . La majorité des infections concernait des patients de sexe masculin (sex-ratio: 1,6) et âgés de plus de cinq ans (85 %). Les voyageurs représentaient 70 % des patients infectés par P. ovale ou P. malariae et moins de 50 % des patients infectés par P. vivax . Les patients atteints d'infections à P. ovale et P. malariae avaient exclusivement séjourné en Afrique, tandis que ceux infectés par P. vivax revenaient principalement du Pakistan ou d'Afghanistan (76 %). Les infections à P. vivax étaient significativement associées à une parasitémie plus élevée (0,3 % contre 0,1 % pour P. ovale sensu lato et P. malariae ), une thrombopénie plus marquée (109 G/L versus 128 G/L P. ovale sensu lato et 168 G/L P. malariae) , des vomissements plus fréquents (34% versus 20% pour P. ovale sensu lato et P. malariae) et à un taux d'hospitalisation plus élevé (75% contre 55%) par rapport aux infections à P. ovale sensu lato ou à P. malariae . Comparé aux accès documentés à P. falciparum , les accès à Plasmodium non falciparum étaient moins graves (1,1 % – cinq dus à P. ovale et deux à P. vivax – versus 14,9 %; p < 0.001), plus rarement thrombopénique < 50 lt; 50 G/L (5,2% P . non falciparum versus 12,2%; p < 0.001) et diagnostiquées plus longtemps après le retour d'une zone d'endémie (42 jours vs 9 jours; p < 0.001).
Conclusion |
Cette étude apporte un éclairage inédit sur les infections pédiatriques importées à Plasmodium non falciparum en France. Les infections à P. ovale sensu lato et P. malariae étaient observées au retour d'Afrique alors que les infections à P. vivax l'étaient au retour d'Afghanistan ou du Pakistan. Les accès palustres à P. ovale, vivax et malariae ont une incubation plus longue d'environ un mois et demi. Les accès à P. vivax ont la particularité d'avoir une présentation clinique invluant vomissements, hospitalisation et thrombopénie. Les accès palustres à Plasmodium non falciparum sont très rarement sévères (1%) dans ce contexte d'importation.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S16 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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