Évaluation du profil d'expression des marqueurs d'activation monocytaire et neutrophile d'infection aiguë à la leptospirose - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La leptospirose est une zoonose ubiquitaire potentiellement mortelle dont l'impact est croissant dans le monde. Dans les formes graves de la maladie, le système immunitaire inné semble incapable de contrôler la maladie dans la phase précoce par des mécanismes incomplètement compris. Le but de cette étude observationnelle était d'évaluer la réponse immunitaire innée (monocytaire et neutrophile) à la phase aigüe de la leptospirose avec une comparaison de formes sévères et non-sévères dans une cohorte hospitalière.
Matériels et méthodes |
Nous avons comparé la réponse immunitaire à partir de prélèvements sanguins de patients hospitalisés pour une forme grave (n= 37) (définie comme le décès ou une insuffisance d'organe majeure) ou une forme non-sévère (n= 74) de la leptospirose à la Réunion. Pour cela, nous avons analysé par cytométrie de flux, à la phase aigüe et à 1 mois, le nombre et phénotype des monocytes et neutrophiles des patients via l'expression de certains marqueurs d'activation : CD14, CD16, HLA-DR, CD64, TLR2, TLR4, C5aR, C3aR, CD55, CD59, CD11a, CD18, CD80, CD86, CD46, CD40, CD15, HMGB1, Histone 3.
Résultats |
On retrouve une polynucléose neutrophile (PNN) (médiane à 8,35G/L IQ : 6,1-10,9) à la phase aigüe de l'infection avec un pourcentage de PNN (43,5% (IC95 34,4-54,9%) vs 61,9 (58,2-69,3%)) significativement plus important si infection grave à la phase aigüe (p<0,0001). On note également une modification de la répartition des sous populations monocytaires à la phase aigüe avec une augmentation significative des phénotypes non classiques (CD14-CD16+) (10,9% (6,64-16,7%) vs 9,4% (6,14-13%)) et une réduction significative de la proportion des monocytes de phénotype classique (79,25% (67,8- 85,94%)) sans impact significatif de la sévérité. Par ailleurs, il n'y a pas de variation significative des phénotypes intermédiaires (CD14+CD16+) entre la phase aigüe et à 1 mois.
L'expression membranaire monocytaire du HLA-DR est abaissée à la phase aigüe avec une baisse d'expression significativement plus importante dans les formes sévères (moyenne de fluorescence (MFI) 13867 (8777-19861)) que dans les formes non-sévères (MFI 22269 (14315-28860)) p=0,0042. Il n'y a pas de différence d'expression selon les sous-populations monocytaires. On ne retrouve pas de modification des autres marqueurs membranaires évalués intervenant dans la reconnaissance des lipopolysaccharides bactériens, dans le recrutement cellulaire, dans le chimiotactisme, dans la phagocytose.
Au niveau des neutrophiles, on retrouve une diminution d'expression dans les formes sévères des marqueurs CD15 (MFI 16612 vs 30444 p=0,0157), HMGB1 (MFI 1667 vs 3297 p=0,0276) et histone 3 (MFI 1613 vs 3548 p=0,0143).
Conclusion |
Cette étude met en évidence une neutrophilie et une modification des sous populations monocytaires orientée vers un profil inflammatoire à la phase aigüe de l'infection. A contrario, la réduction d'expression membranaire des marqueurs d'activation cellulaire irait dans le sens d'un défaut de réponse immunitaire dans les cas les plus sévères.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S162-S163 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
