Durée et stratégie antibiotique dans les PAVM à Stenotrophomonas maltophilia: une étude rétrospective multicentrique. - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Stenotrophomonas maltophilia , bacille Gram négatif non fermentant, représente une cause émergente de pneumopathie acquise sous ventilation mécanique (PAVM), avec une prévalence atteignant 6,2 % dans les séries françaises récentes. Ces infections sont favorisées par une exposition antibiotique préalable, une ventilation prolongée et la sévérité des patients. La prise en charge thérapeutique demeure hétérogène, tant sur la durée de traitement que sur le recours à une mono- ou une bi-antibiothérapie, en raison du manque de données comparatives issues de larges cohortes. De plus, le profil de résistance complexe de S. maltophilia expose à un risque d'échec ou de récidive. Dans un contexte d'antibiorésistance croissante et d'optimisation des stratégies antibiotiques, il est indispensable d'évaluer l'efficacité clinique des différentes stratégies antibiotiques dans les PAVM à S. maltophilia .
Matériels et méthodes |
Il s'agit d'une étude rétrospective multicentrique nationale comparant, chez des patients de réanimation atteints de PAVM à S. maltophilia , l'efficacité de quatre stratégies thérapeutiques: monothérapie courte (≤7 jours) (G1), monothérapie prolongée ( > 7 jours) (G2), bithérapie courte (≤7 jours) (G3) et bithérapie prolongée ( > 7 jours) (G4).
Le critère de jugement principal était la guérison clinique à J7 après la fin du traitement antibiotique. Les critères secondaires incluaient la mortalité toutes causes à J28 et J90, l'échec microbiologique à J7 post-traitement et la récidive de PAVM à S. maltophilia dans les 28 jours.
Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SPSS, en utilisant un test du Chi-2 et une régression logistique pour les variables binaires non normales, ainsi qu'un test de Kruskal-Wallis pour les variables numériques non normales. Un p < 0,05 était considéré comme significatif.
Résultats |
Entre 2018 et 2023, 122 patients de réanimation issus de sept centres présentant une PAVM à S. maltophilia ont été inclus. Quarante-trois patients ont reçu une monothérapie ≤ 7 jours, 14 une monothérapie > 7 jours, 34 une bithérapie ≤ 7 jours et 21 une bithérapie > 7 jours; 10 ont été exclus pour données manquantes. Le score SOFA médian à l'admission était de 4,5 [3–7] (p = 0,931) et l'âge médian de 51 [50–69] ans (p = 0,597), sans différence entre les groupes.
Aucune différence significative n'a été observée pour la guérison clinique à J7 post-traitement (85,7 % G1 vs 64,3 % G2 vs 59,4 % G3 vs 69,6 % G4; p = 0,074), la mortalité toutes causes à J28 (21,4 % vs 14,3 % vs 21,9 % vs 26,1 %; p = 0,680) et à J90 (p = 0,992), l'échec microbiologique à J7 (21,4 % vs 7,1 % vs 15,6 % vs 39,1 %; p = 0,087) ou la récidive à 28 jours (21,4 % vs 14,3 % vs 21,9 % vs 26,1 %; p = 0,869).
Conclusion |
Chez les patients de réanimation présentant une PAVM à S. maltophilia , il ne semble pas exister de différence significative selon la stratégie thérapeutique employée sur la guérison clinique à J7. Ces résultats suggèrent qu'une monothérapie antibiotique de 7 jours pourrait constituer un traitement de première ligne, sous réserve de validation prospective.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S19-S20 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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