Évaluation de l'utilisation du score PEN-FAST dans les programmes de délabélisation des patients dits allergiques à la pénicilline : étude EvuPen - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
L'allergie à la pénicilline, fréquemment rapportée mais rarement confirmée, conduit à l'utilisation d'antibiotiques alternatifs parfois moins efficaces et favorisant l'antibiorésistance. Les recommandations actuelles encouragent la réévaluation systématique de cet antécédent. Le score clinique PEN-Fast, composé de 5 questions, permet d'identifier un groupe à faible risque (score≤ 2/5) et d'envisager une réintroduction orale sans test cutané préalable. Toutefois, son usage en infectiologie en France reste peu documenté.
Matériels et méthodes |
Cette étude rétrospective multicentrique analyse l'intégration du score en pratique clinique. Les patients adultes dit allergiques à la pénicilline et évalués par PEN-Fast ont été inclus. La réexposition de pénicilline, réalisée à la discrétion de chaque centre, était analysée. L'objectif principal était l'évaluation du taux de délabélisation après réexposition à une pénicilline.
Résultats |
Huit équipes d'infectiologie (sur 18 contactées, membres du Groupe des référents en antibiothérapie d'Ile de France) ont participé, permettant d'inclure 163 patients, majoritairement des femmes (médiane d'âge = 71 ans, IQR (60-80)). La pénicilline incriminée était inconnue chez 59% (n=96) des patients. Seuls 4% (n=7) patients avaient déjà consulté un allergologue. Le score PEN-Fast était ≤ 2/5 chez 70% (n=114) patients.
Parmi 138 patients considérés infectés, 28% (n=39) recevaient des céphalosporines, 19% (n=26) des pénicillines et 36% (n=50) des non β-lactamines ou aucun antibiotique avant l'avis infectieux.
La réintroduction d'une pénicilline a été jugée possible chez 64% (n=105) des patients et réalisée in fine uniquement en cas d'infection, chez 48 % (n=69) des patients dont 26 avant et 43 après l'avis infectieux.
Parmi eux, 90% (n=62) présentaient un score ≤2/5. Les molécules réintroduites étaient des pénicillines (81 %) ou des uréidopénicillines (17 %). Dans 87 % des cas, la réexposition était réalisée à pleine dose d'emblée, 57% par voie intraveineuse, 43% par voie orale et ce pour une durée médiane de 7 (3-7) jours. Avec un suivi médian de 11 (6-25) jours, 3 réactions d'hypersensibilité retardées non graves (4 %) ont été observées, dont une chez un patient avec un score >2/5, réexposé avant avis infectieux, permettant de conclure à un taux de délabélisation de 40% (66/163) pour l'ensemble de la cohorte et de 96% pour le groupe identifié à faible risque (score≤2/5, 60/62).
Conclusion |
L'utilisation du score PEN-Fast en infectiologie permet d'identifier rapidement un large groupe de patients à faible risque — près de la moitié des patients infectés — et d'obtenir un taux élevé de délabélisation sans réaction grave. Sans se substituer à une consultation allergologique, ce score facilite un tri simple et peu chronophage, optimisant ainsi une activité souvent difficile à intégrer dans la pratique quotidienne des équipes d'infectiologie.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S20 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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