Management des allergies aux pénicillines : quel rôle pour le pharmacien clinicien ? - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Les pénicillines (PEN) sont des antibiotiques (ATB) de 1 ère intention pour de multiples infections et prophylaxies. Cependant, de nombreux patients sont étiquetés à tort allergiques, entraînant l'utilisation d'ATB de 2 ème ligne plus toxiques, moins efficaces ou à plus large spectre, augmentant le risque de sélection de mutants résistants ainsi que la morbi-mortalité. L'objectif principal de ce travail est d'évaluer l'impact du pharmacien sur la réévaluation et la « délabélisation » des patients faussement renseignés allergiques aux PEN. L'objectif secondaire est de renseigner les familles d'ATB que peuvent recevoir les patients dont le statut allergique a été confirmé.
Matériels et méthodes |
Une étude rétrospective, monocentrique, observationnelle sur 6 mois a été réalisée par un interne et un pharmacien. Les patients étiquetés allergiques aux PEN ont été identifiés par l'intermédiaire de 2 méthodes; le module « allergie » du dossier patient informatisé (DPI) et via les ATB alternatifs aux PEN. Les données concernant l'allergie ont été recueillies grâce au DPI, au patient et à la pharmacie d'officine (PO). Les conclusions de « délabélisation » ont été émises en s'appuyant sur un algorithme validé avec l'équipe d'infectiologie.
Résultats |
Sur la période de 6 mois, 331 patients ont été inclus dans l'étude dont 78,5% (n=260) étaient des femmes (p <0.001). Après analyse du DPI, 75,5% (n=250) des patients ont bénéficié d'un entretien téléphonique et la PO a été sollicitée pour 32,4% (n=81). Au total, 10,6% (n=35) des patients ont présenté des manifestations non allergiques et 2.7% (n=9) ont déclaré ne pas être allergique à ces ATB. La réaction a été caractérisée de non sévère et sévère pour respectivement 47,7% (n=158) et 20,3% (n=67), et est survenue il y a plus de 5 ans pour 89,9% (n=258). Les patients ont été réexposés à une bêta-lactamine (BL) dans 46,7% (n=134) des cas; 43,3% (n=58) ont reçu uniquement des PEN; 33,6% (n=45) uniquement des céphalosporines (CL) et 23,1% (n=31) les deux. Une réaction allergique a été notifiée chez 27,0% (n=24) des patients réexposés à une PEN et une notion de réaction a été retrouvée pour 7,9% (n=6) des patients réexposés à une CL. Cette étude a permis de « délabéliser » 56,8% (n=182) des dossiers dont 29,3% (n=91) totalement et 27,5% (n=91) partiellement. Ces chiffres étaient respectivement de 64,6% (n=214) et 8,2% (n=27) pour les autres classes de BL. Cette « délabélisation » a été possible dans 75.5% des cas grâce à l'interrogatoire patient (p <0.001). Pour 29,6% (n=98), les PEN ont été contre-indiquées (CI) dont 36.7% (n=36) de manière absolue et 63.3% (n=62) en l'absence de bilan allergologique et réexposition aux PEN. Les BL ont été CI pour 14,5% (n=48) des patients.
Conclusion |
La réévaluation des allergies aux PEN est primordiale pour optimiser la prise en charge des patients et limiter l'utilisation inappropriée des ATB. Cette étude a montré qu'un entretien patient permettait fréquemment de désétiqueter les patients renseignés à tort allergiques et que le pharmacien clinicien, en tant que professionnel du médicament, avait toute sa place dans ce processus.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S20-S21 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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