Relais oral dans l'endocardite infectieuse pédiatrique: résultats de l'étude rétrospective EndoChild - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
L'antibiothérapie intraveineuse (IV) prolongée demeure le traitement de référence de l'endocardite infectieuse (EI) pédiatrique. Le relai oral précoce, désormais établie chez l'adulte, est une option considérée en pédiatrie mais les données pédiatriques restent limitées. Cette étude visait à décrire les cas d'EI pris en charge dans un centre hospitalier universitaire de chirurgie cardiaque pédiatrique et à évaluer l'utilisation du relais oral chez ces enfants.
Matériels et méthodes |
Nous avons conduit une étude rétrospective incluant l'ensemble des patients âgés de moins de 18 ans avec une EI définie selon les critères de Duke modifiés 2023 entre janvier 2014 et décembre 2024. Les cas d'EI ont été identifiés à partir des dossiers médicaux électroniques. Les caractéristiques des patients et des épisodes infectieux ont été comparées entre ceux ayant bénéficié d'une antibiothérapie IV complète et ceux ayant bénéficié d'un relais oral.
Résultats |
Quatre-vingts épisodes d'EI ont été inclus. Parmi eux, 50 (62,5 %) survenaient chez des patients porteurs de cardiopathie congénitale et 27 (33,8 %) en présence de matériel prothétique. L'âge médian était de 7,9 ans (IQR: 1,7–13,7). Une stratégie de relais oral a été utilisée dans 25 cas (31 %), et parmi eux 16/25 (64 %) correspondaient à des EI du coeur droit, avec comme principaux agents pathogènes des Staphylococcus spp. (13/25, 52 %, dont 7 S. aureus) et des Streptococcus spp. (5/25, 20 %). Le relais oral a été réalisé chez des patients porteurs de valves prothétiques (5/25, 20 %) et de tubes ventricule droit–artère pulmonaire (8/25, 32 %). Onze des 25 patients (44 %) ont bénéficié d'une chirurgie cardiaque. Le relai oral est survenu après une médiane de 16,5 jours (IQR: 12,3–27,3) suivant l'initiation de l'antibiothérapie IV ou de la chirurgie cardiaque. La durée médiane d'hospitalisation était significativement plus courte dans le groupe relais oral (22 jours, IQR [20–33] vs 32 jours, IQR [21–58]; p = 0,01). Aucun échec clinique n'a été observé à J30 ni à J60 de prise en charge dans le groupe relais oral. Dans le groupe IV complet, des échecs précoces sont survenus chez 2/55 patients (3,6 %) et 4 décès (7,2 %) ont été rapportés à 3 mois. Ces éléments suggèrent qu'une sévérité initiale plus élevée a pu motiver la poursuite du traitement IV.
Conclusion |
Chez les enfants atteints d'EI, une stratégie de relais oral, chez des patients soigneusement sélectionnés, pourrait représenter une alternative sûre à une antibiothérapie IV prolongée et permettre de réduire significativement la durée d'hospitalisation. Des études de plus grande ampleur sont nécessaires pour confirmer ces résultats et préciser les recommandations thérapeutiques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S26-S27 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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